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RETOUR SUR LE CAS DE CUSSAC (texte de 2005)

Voir aussi le texte complémentaire de Juillet 2007.

 

Et voir aussi le texte 2004 de réponse aux remarques de zététiciens.


Par le Dr Claude POHER

30 secondes d’observation qui suscitent la réflexion.
(En couleur rouge, et petits caractères citations utiles de tiers.)


EVOLUTION  RECENTE (Mars - Avril 2005) :

Le résumé de l'enquête faite par le CNES en 1978, présenté au Conseil Scientifique du GEPAN en Juin 1978, dans un rapport interne au CNES non autorisé à la publication, a été partiellement mis à la disposition du public, le 1er Mars 2005, par Monsieur Gutierez sur son site :
 http://ovniland.com/article.php3?id_article=24

 

Monsieur Gutierez n'a pas précisé de quelle manière il s'est procuré ce document, mais il est évident que c'est par une indiscrétion de la part d'un des destinataires, qui furent extrêmement restreints. En revanche, il a précisé sur son site que c'est avec l'autorisation de Mrs Benedetti et Assemat du CNES à Toulouse que ce document a été mis en ligne.

J'ai personnellement été averti de ce fait, dès le 5 Mars 2005, par un ancien collaborateur extérieur du GEPAN, Directeur de Recherche au sein d'un organisme public. J'ai alors constaté que le texte mis en ligne ne contenait pas les noms des témoins, ni l'analyse psychologique de leur témoignage, mais qu'il contenait par contre les noms de certains enquêteurs, des noms de lieux et de fonctions officielles permettant de connaître le nom des témoins. Le texte comportait également les photocopies de photographies de face de certains témoins, parfaitement reconnaissables malgré la mauvaise qualité de reproduction des clichés.

Cette publication me posait dès lors un problème d'éthique, dans la mesure où, en 1978, je me suis personnellement engagé, au nom du CNES, à garantir l'anonymat de certains témoins et de certains enquêteurs, sur leur demande expresse. En outre la Loi ne permet pas d'utiliser le nom et l'image de personnes, dans des documents publics, sans leur consentement.
Or, ces personnes avaient certes accepté que leur témoignage soit utilisé devant un Conseil Scientifique restreint, mais elles avaient toutes exprimé leur interdiction d'utiliser leur nom et leur image publiquement. Je m'y étais engagé par écrit.

J'ai donc demandé, dès le 8 Mars 2005, à la Direction du CNES de bien vouloir intervenir pour faire effacer les mentions contraires à la loi. J'ai reçu la réponse du CNES datée du 1er Avril 2005 (sic), où il n'était pas question de faire ce que je demandais, mais de l'évolution prévue du SEPRA. Après vérification auprès du site ovniland, il s'est avéré que rien n'avait été corrigé, un mois après ma demande au CNES.

J'ai donc adressé un courrier électronique à Monsieur
Gutierez, en lui expliquant courtoisement pourquoi certains détails du document me posaient un problème d'éthique et étaient contraires à la loi. Monsieur Gutierez m'a répondu immédiatement qu'il comprenait parfaitement mes préoccupations et qu'il les approuvait. Il a d'ailleurs mis en ligne immédiatement le texte PDF modifié que je lui proposais concrètement, et supprimé le texte original qui comportait les identifications.

Je tiens donc à féliciter ici publiquement Monsieur
Gutierez  pour son attitude coopérative et responsable, qui doit être citée en exemple. Par son geste, il démontre que cette question était soluble en quelques heures sans la moindre polémique, et il démontre aussi malheureusement que l'attitude de certains responsables du CNES s'avère particulièrement étrange, s'agissant de représentants d'un organisme officiel.

Le texte que l'on trouvera ci-dessous est beaucoup plus complet que le résumé de l'enquête publié par Monsieur
Gutierez, parce qu'il est basé sur mes notes personnelles. On verra que je me suis efforcé de taire les noms des témoins et des enquêteurs jusque là anonymes, et que je ne publie pas de clichés permettant de les situer. Bien évidemment, ce cas est célèbre depuis bien des années, et la presse ufologique et régionale ne s'est pas privée de dévoiler les noms de certains protagonistes, mais pas de tous. En effet, certaines personnes ont été interrogées pour la première fois par nous-mêmes en 1978.

Ceci devait être précisé afin que la vérité puisse être appréciée comme telle.

AVANT PROPOS :

J’ai découvert, par hasard, sur internet, des analyses et discussions diverses, datées de 2004, à propos d’une observation d’ovni, faite à Cussac le 29 Août 1967. J'ai constaté que ces documents comportaient un grand nombre d'inexactitudes, et d'analyses erronées, comme le sont souvent des récits de "seconde main".
Or, je considère que cette observation présente un certain intérêt scientifique en raison des paramètres qu'elle permet d'évaluer. En outre, elle constitue, à mon avis, un exemple d'enquête où les méthodes utilisées ont permis de recueillir des informations utiles à l'analyse scientifique, analyse bien plus approfondie que cela eut été possible au moyen d'une simple anecdote.
C'est pourquoi il m'est apparu nécessaire de revenir un peu en détail sur le travail que nous avions fait sur ce témoignage en 1978.

Ainsi, mon objectif est-il bien ici “d’aider nos contemporains à se faire une opinion par eux-mêmes sur les faits de Cussac”. Parce que j’estime que l’enjeu est important.
Il me semble en effet avoir quelques raisons de pouvoir donner un point de vue éclairé, parce que c’est bien moi qui ai fondé le GEPAN au CNES en 1977. C’est bien moi qui ait mené l’enquête officiellement sur place, à Cussac, en 1978, pendant deux jours, avec trois autres personnes. C’est bien moi qui ai fait présenter l’analyse des témoignages de Cussac à un Comité scientifique officiel composé de huit personnes, en 1978. Enfin c’est bien moi qui ai décidé de quitter la direction du GEPAN en 1979, tout simplement parce que le CNES entendait nous “empêcher de publier nos travaux”, pour des raisons “manifestement scientifiques”, comme le dira publiquement Monsieur Curien 25 ans plus tard, à un journaliste de “Ciel & espace” en 2004, “Cela faisait partie du contrat. Nous ne souhaitions pas publier pour ne pas entrer dans des polémiques publiques.”.

Par conséquent, puisque nous n'avons pas publié nos travaux sur ce cas, ils sont restés inconnus et mystérieux, à mon grand regret. Aussi je pense que le moment est venu d'en montrer la teneur. Ne serait-ce que par respect pour les membres de l'équipe du CNES que j'ai dirigée.

Nous avons fait ce travail d’analyse sur le cas de Cussac, en 1978, sur la base des témoignages recueillis dès l’après-midi même de l’observation, le 29 Août 1967, par la Gendarmerie, et aussi en consultant les publications d’associations privées de 1968. Mais nous avons surtout fait un important travail de recueil de données, nous-mêmes, sur place, à Cussac, auprès des témoins en personne, sur les lieux de leur observation.
Nous avons interrogé non seulement les deux témoins principaux, devenus adultes, mais nous avons également retrouvé et interrogé trois autres témoins, dont l’un des gendarmes ayant participé à l’enquête sur les lieux, dans les heures qui ont suivi les faits.

Notre équipe de quatre personnes comportait en premier lieu un magistrat, évidemment très expérimenté dans l’interrogatoire de témoins de faits de toute nature, magistrat qui utilisait alors les méthodes soigneusement élaborées par de nombreuses générations dans son métier. Cet homme, particulièrement compétent, faisait d’ailleurs l’unanimité auprès de ses pairs, puisqu’il était membre du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Le second enquêteur à Cussac était un ingénieur opticien du CNES, spécialiste de haut niveau, devenu plus tard l’un des responsables de l’instrumentation de la famille des satellites d’observation “SPOT”. Ce n’était pas l’actuel responsable du SEPRA, qui est, lui aussi opticien. Ce second enquêteur, de même que le magistrat, n’avaient aucune connaissance préalable sur la question des “PAN”. Nous disons “Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés” et non pas “Objets” afin de ne pas induire de fausses conclusions sur la base du vocabulaire.
La documentaliste et secrétaire du GEPAN était le troisième enquêteur. Elle nous accompagnait également pour assurer l’enregistrement des interrogatoires, la prise de photographies, la prise de notes diverses. Et aussi pour nous aider à faire les mesures de distances avec un décamètre, les mesures d’angles au moyen d’un théodolite, à désigner des couleurs au moyen d’un nuancier Pantone, etc... Et nous rappeler éventuellement les points à ne pas oublier, discutés en groupe au CNES précédemment, au cours de l’élaboration de la stratégie d’enquête.

J’étais le quatrième enquêteur à Cussac. Je participais à toutes les enquêtes sur le terrain, dans diverses fonctions, car chacun avait évidemment son propre programme de travail.

Il se trouve que j’avais déjà une certaine expérience aéronautique. J’ai été pilote pendant 45 ans, et à ce titre j’ai pratiqué régulièrement sur trois avions personnels successifs. J’ai piloté par ailleurs pas mal de machines, par tous les temps, de jour comme de nuit, y compris des hélicoptères et de très gros engins aussi. J’ai même enseigné aux équipages dans l’aéronautique commerciale, pendant plusieurs années, avant que n’existe la recherche spatiale. Ainsi, me semble-t-il, je dispose des compétences requises pour pouvoir donner un avis à propos de “l’hypothèse de l’hélicoptère” discutée sur internet.

En 1978, mes préoccupations étaient au nombre de trois : en premier lieu, présenter au Conseil scientifique, dans le délai d’un an, une sélection d’une dizaine de cas types d’observation, couvrant l’éventail des catégories de témoignages qui avaient précédemment été révélées par l’analyse statistique.
Je souhaitais bien évidemment y inclure des cas parfaitement identifiés, qui constituaient 85 à 100% des dossiers de notre base de données, selon les années considérées. Ces cas identifiés permettaient en effet de mettre en évidence le “comportement moyen” des témoins dans la description de faits qu’ils ne savaient pas identifier par eux-mêmes.
Il convenait d’enquêter nous-mêmes sur ces cas types, afin de présenter ces observations de manière aussi complète et uniforme que possible.

Ma seconde préoccupation était de former à ces enquêtes les ingénieurs bénévoles du CNES que ma hiérarchie m’avait recommandés d’employer. Je ne les aurais certainement pas tous personnellement recrutés, mais je n’avais pas le choix.
Ainsi, chaque enquête comportait deux “débutants” et deux ou trois “anciens”. L’ingénieur opticien et le magistrat étaient les “débutants” à Cussac. Plus tard (1979) ils seront parmi les meilleurs “anciens”. Les “débutants” étaient particulièrement méticuleux et sceptiques, évidemment. Pratiquement tous avaient fait des études supérieures, et avaient suivi toutes les conférences préparatoires destinées à donner à chacun une meilleure connaissance des faits rares ou peu connus que la population peut observer dans le ciel.

Nous avions préalablement mis au point un protocole logique de reconnaissance rapide de 33 sources connues de témoignages, sur la base de 55 critères auxquels on pouvait attribuer à chacun une valeur “oui”, ou “non” ou “pas d’information”. Cette “matrice de test logique” permettait ainsi de connaître, en quelques dizaines de minutes, le nombre de critères éliminant tel ou tel type d’identification d’un phénomène décrit par les témoins. La matrice logique de “présélection” était mise en oeuvre pour tous les cas types, mais elle n’avait pas de caractère définitif, jusqu’à ce qu’une enquête sur le terrain permette de confirmer ou d’infirmer les paramètres de l’observation.
La matrice test, appliquée au cas de Cussac, présentait un haut degré d’anomalie : toutes les 33 causes “classiques” de confusion se révélant infirmées chacune par 3 à 10 critères simultanés d’impossibilité. Les hélicoptères en faisaient évidemment partie.
Prenons un exemple simple : une confusion avec l’observation de la planète Vénus est impossible si Vénus est sous l’horizon, si le phénomène se déplace à grande vitesse angulaire, s’il est observé au Nord en France, etc ... Très simple, et très efficace pour un premier tri.

Ma troisième préoccupation était de mettre au point, en équipe, une méthodologie logique précise d’enquête, pour chaque type d’observation. L’avis d’ingénieurs de toutes spécialités, et de scientifiques de divers horizons était très efficace en l’occurrence. Nous avions ainsi établi des méthodes simples permettant d’éviter aux témoins de devoir utiliser un vocabulaire ambigu pour nous communiquer certaines informations.
Par exemple la description des couleurs faisait appel à l’échelle normalisée “Pantone”, éclairée par la lumière du jour, où les témoins choisissaient eux-mêmes, parmi les centaines de nuances de l’éventail du nuancier, celle qui correspondait à leur observation. Il ne nous restait plus qu’à noter la référence correspondante. Ainsi, chacun pouvait ensuite exactement reconstituer le choix du témoin.

Par ailleurs, nous avions sans cesse besoin de connaître des angles, et des vitesses angulaires pour analyser les observations. La plupart des gens ne savent pas ce qu’est un angle de dix degrés ou d’un demi degré dans le ciel. Donc, nous avions mis au point une méthode utilisant un théodolite. Celui-ci n’était pas utilisé comme tel par les témoins, mais plutôt comme un “bâton” ou un “fusil” pour nous indiquer des directions successives d’observation. Le théodolite était doté de repères externes, simples à utiliser par quiconque, et c’est nous qui notions ensuite les angles exacts. Nous avions au préalable déterminé avec précision l’orientation géographique des lieux, au moyen d’une carte d’état major, et aussi, par exemple, en mesurant l’azimut astronomique vrai d’un repère lointain bien visible, comme un clocher, un château d’eau, une antenne, etc...
Précisément, l’ingénieur opticien était là aussi, à Cussac, pour vérifier la meilleure stratégie d’utilisation de ce théodolite de mesure.
Il s’est avéré, à l’usage, que c’était un excellent outil de recueil de données, auprès de tous les types de témoins.

Enfin, un dernier point introductif doit être précisé. En effet, aucune de nos enquêtes ne se faisait “dans un fauteuil”. Nous allions systématiquement sur le terrain, interroger les témoins un par un, bien à l’écart les uns des autres, en nous assurant qu’il n’y avait pas de possibilité de communication entre eux au cours de l’enquête. Notre méthode consistait à recueillir le maximum d’informations avant de quitter le CNES, puis de procéder à une reconstitution, sur les lieux mêmes de l’observation, des faits et gestes de chaque témoin. Nous notions tout, nous enregistrions tout, nous chronométrions tout, nous prenions des photographies, des mesures de distances et d’angles. Pendant ce temps là, en général, un professionnel spécialiste en psychosociologie interrogeait et enregistrait les autres témoins un par un. Cette enquête prenait en général 2 ou 3 jours, avec un long “débrieffing” chaque soir, pour cibler éventuellement les travaux du lendemain.
Enfin, l’analyse détaillée de ce “patchwork” de notes et d’enregistrements divers se faisait ensuite au CNES, en équipe, jusqu’au consensus final de rédaction de l’analyse résumée faite en commun, en vue de la présenter au Conseil scientifique du GEPAN. Chaque enquêteur rédigeait en outre le détail de ses propres investigations.
Tous les enquêteurs devaient signer leurs propres conclusions qu’ils étaient libres d’exprimer à leur gré, car je n’avais strictement aucun pouvoir hiérarchique sur eux.

Venons-en maintenant à l’observation de Cussac.

LA SÉLECTION DE CE CAS PAR LE GEPAN EN 1978 :

Le cas de Cussac faisait partie des cas sélectionnés, en 1978, suite aux analyses statistiques générales réalisées en 1977. Le phénomène observé n’était pas identifié par nos “experts”, sur la base des rapports d’observation disponibles. C’était un cas d’observation à une distance de moins de 100 mètres, avec plusieurs témoins, et avec observation alléguée d’occupants. Nous avons sélectionné deux cas de chaque type, donc deux cas “type D,RR3” selon notre jargon. L’objectif était à la fois de présenter au Conseil TOUS les types d’observation, sans exception, ET de mettre au point la méthodologie pour TOUS les types de cas. Nous n’avions aucun autre critère de présélection. Et ce cas n’est pas plus intéressant qu’un autre.

Il n’y a pas eu le moindre rapport de gendarmerie en 1967 sur l’audition des témoins de ce cas particulier. Donc il a forcément été choisi sur la base exclusive des publications privées. Les gendarmes sont venus le jour même à 16 heures, ils ont constaté l’odeur et la trace, mais ils n’ont pas estimé nécessaire de faire un rapport. En tous cas, le GEPAN n’en avait pas trace. Néanmoins, nous avons retrouvé l’un des gendarmes présents ce jour là à Cussac, et il n’avait jamais été interrogé par quiconque. Il se souvient quand même de la trace et de l’odeur. Mais en 1967, il n’y avait aucune directive à la gendarmerie pour ce type de témoignages. Ils ont quand même informé leur hiérarchie par radio.
Nous aurions préféré une observation “fraîche”, mais les cas “D RR3” sont manifestement rarissimes. Quant à “l’absurdité” du choix de ce cas type, sous le prétexte que “les témoins sont parents”, et que le cas était “ancien”, ne relève que d’avis personnels, parfaitement susceptibles de fausser le jugement.

RÉSUMÉ DE L’OBSERVATION :
Je vais résumer cette observation, telle que je l’ai reconstituée avec l’aide des témoins eux-mêmes. Mais, pour rester très précis, après 26 ans, j’ai repris mes notes personnelles de l’époque, ainsi que le tome 4 du rapport au Conseil scientifique du GEPAN référencé CNES/CT/GEPAN 140 de Juin 1978. Ce rapport est signé par 19 personnes.
Que veut dire CNES / CT / GEPAN?
Dans les dénominations officielles, on commence par l’organisme général, puis les services, le plus modeste en dernier, dans l’ordre hiérarchique. Le GEPAN était rattaché au Directeur du Centre de Toulouse du CNES.
Donc, à Cussac ce n’est pas moi qui étudie une observation, en l’occurrence, mais un groupe de personnes, chargées par le CNES, dans le cadre fonctionnel du GEPAN, de répondre aux recommandations d’un Conseil Scientifique présidé par Monsieur Curien, alors Président du CNES, et futur Ministre de la Recherche. Voici ce qu’avait écrit précédemment ledit Conseil scientifique, au vu de nos travaux de 1977 :

Le Conseil Scientifique recommande
la poursuite des activités du GEPAN dans le cadre du CNES avec mission de :
coordonner la collecte des données à l’échelle nationale,
et procéder à l’étude de ces données.

II recommande que des moyens suffisants
soient dégagés pour remplir ces missions.

Le Conseil recommande de garder une grande vigilance
quant à la diffusion et la publication des études et des résultats.
II sera consulté avant toute publication.

Fait à Paris, Le 14 décembre 1977


Nous avions donc très clairement reçu, du Conseil, et du CNES, l’ordre de ne pas publier nos rapports d’analyse. C’est aussi une simple question d’éthique. En effet, ces rapports contiennent des informations personnelles sur les témoins, qu’il ne serait pas normal de divulguer sans leur accord. Tous les membres du GEPAN étaient habilités au secret professionnel. En outre, il y a nécessairement, dans ces rapports, des avis d’analystes professionnels, sur leurs dires, leur psychologie, leur langage, etc... Avis qui sont confidentiels. C’est pourquoi l’existence d’un organisme officiel, contraint au devoir de réserve est si important.

A ma connaissance, J.J. Velasco a demandé et obtenu l’autorisation préalable de publier un extrait du rapport d’analyse. C’est écrit page 13 du livre auquel il a participé avec Jean Claude Bourret : “En premier lieu je me dois de remercier le CNES qui m’a autorisé à participer à cet ouvrage”. En outre cette observation avait déjà été publiée antérieurement dans la presse par des journalistes.
Par conséquent, je me limiterai ici à la présentation de faits à caractère scientifique et non d’avis confidentiels sur les témoins eux-mêmes.

CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE ET SOCIOLOGIQUE :

Cussac est une minuscule commune du Cantal, dans le massif central, l’une des régions les moins peuplées et les plus pauvres de France. Sur place, assis sur le banc commun, dans la pièce commune de la maison des parents des témoins, on saisit vite la réalité.
Cussac, en 1967, c’est 280 habitants, 70 maisons. Le Maire est le même depuis des décennies, c’est le père des témoins principaux. A Cussac, si on vote pour ce Maire là depuis si longtemps, c’est peut-être parce que cet homme est droit, juste, courageux, et qu’il élève ses gamins comme il convient à la majorité, la quasi unanimité.

Là bas, on sait dire “bonjour”, “s’il vous plaît” et on se méfie de ceux de la ville. Ce maire est agriculteur, comme la plupart des habitants. Oh, une exploitation microscopique, dans un climat rude, plus de 1000 mètres d’altitude pour le plateau de Cussac. Un peu d’élevage, pour le lait et le fromage, un peu de culture, et des mains qui révèlent la difficulté de vivre là haut.

En 1967, pas de TV, pas de journal, pas de radio, tout juste l’électricité. L’odeur du purin et du fromage mêlées, le réveil aux aurores, et le sommeil bien gagné de la fatigue physique.
L’aura des articles de presse et le goût du scoop ne parviennent pas là-haut, c’est clair.

D’ailleurs, les divers recensements de l’INSEE sont parfaitement clairs : 282 habitants en 1967, 160 en 1990, et 136 en 1999. Pendant que la population Française augmentait considérablement.

Si une radio a parlé de cette observation de Cussac, c’est sans doute parce qu’il y a eu “une fuite”. C’est souvent de cette façon que les radios obtiennent les informations de ce type. Mais je pense que ce n’est probablement pas le Maire qui a appelé “les radios” pour en parler. Cela ne correspond pas du tout au personnage. Néanmoins, il lui a bien fallu leur répondre.
Par contre lui il a appelé les gendarmes, parce que ses gamins étaient choqués, et parce que c’est son devoir de Maire de signaler une anomalie. Les gendarmes de Saint Flour, ils les connaît bien, ils sont à 19 km de Cussac, ce sont eux qui s’occupent des accidents de la route, et de bien d’autres problèmes, comme lui-même le fait pour ses administrés.

CIRCONSTANCES DE L’OBSERVATION :

Les deux gosses du Maire, en 1967, pendant leurs vacances scolaires, puisque nous sommes le 29 Août 1967, ne sont pas de trop pour donner un coup de main à la ferme. Précisément, ce matin là, selon Météo France, il fait beau, mais un peu frais : 12 à 16°C pour une fin Août, ce n’est pas idéal pour jouer dehors. La météo dit aussi “vent faible, < 3 m/s, ou nul” dans deux vallées, à 10 km de Cussac il y avait du brouillard matinal, donc pas de vent.
Le vent très faible éventuel venait du secteur Ouest ou Nord Ouest.

Dès 8 heures du matin, les deux enfants mènent les vaches à la pâture, à quelques centaines de mètres de l'entrée du village, et ils doivent les garder, comme d’habitude, car ils participent à leur manière. Leurs parents sont propriétaires d'une pâture située à 500 mètres de l'entrée du village, il s'agit d'un terrain presque carré, de moins d'un hectare selon mes souvenirs (mais nous ne l'avons pas mesuré).
Le garçon a 13 ans 1/2, et sa soeur 9. Ils sont assis derrière le muret de pierres sèches adossé à la départementale, pour se protéger du nord et bénéficier au mieux du soleil matinal. Ainsi, ils surveillent les bêtes facilement. Ils sont accompagnés de leur chien. Les murets de clôture sont bas, il ne faudrait pas qu’une vache aille s’estropier en tentant d’aller brouter chez le voisin !
Ce 29 Août 1967, il est environ 10 heures 30, les enfants jouent aux cartes tout en surveillant les vaches.
Nous n'avons pu reconstituer l'heure exacte de l'observation, car aucun des protagonistes ne portait de montre au moment des faits. Par contre la chronologie a été reconstituée avec précision. Néanmoins, les agriculteurs ont une bonne idée subjective de l'heure, par habitude, en particulier les éleveurs qui doivent soigner et traire les bêtes quotidiennement. Précisément, plusieurs éleveurs sont parmi les témoins interrogés, ce qui nous incite à penser que l'heure des faits est probablement exacte à 10 minutes près.


L’OBSERVATION INSOLITE :

Soudain, les bêtes s’agitent de manière inhabituelle et s’éloignent vers l’autre extrémité de la pâture, tentant même d’en franchir le muret. Le garçon se lève, et s’apprête à empêcher les vaches d’aller dans cette direction. Il se retourne pour savoir ce qui a bien pu ainsi effrayer les animaux. Il voit alors, à 82 mètres de distance, derrière une maigre haie, ce qu’il prend pour quatre “enfants” qu’il ne reconnaît pas. Ils sont tout noirs, de vêtement et de visage.
Il y a une “grosse sphère, d’environ 4 à 5 mètres de diamètre” près de ces “enfants noirs”, derrière la haie. Cette sphère est blanche, un blanc mat. Le garçon dit à sa soeur restée assise : “Oh, il y a des enfants noirs !”. Celle-ci lui répond, sans se retourner : “Tu les appelles”. Mais lui répond : “Regarde, regarde”.
Et il monte sur le muret contigu pour mieux voir “les enfants noirs”. Sa soeur se lève et observe à son tour. L’un des “enfants noirs” est baissé et semble s’affairer à terre, deux autres sont vus de profil, le quatrième, un peu plus grand, tient un objet rectangulaire reflétant le Soleil situé derrière les témoins. (Le garçon nous a précisé qu'il a vu la lumière solaire réfléchie par ce "miroir" sur la surface de la sphère et que ce reflet bougeait quand celui qui tenait le miroir bougeait, d'où l'idée qu'il s'agissait d'un miroir).

A ce moment là, les événements se précipitent, les “enfants noirs” semblant à leur tour avoir pris conscience de la présence des deux témoins, précédemment cachés par le muret de clôture.

Celui qui tient l’objet brillant agite les mains. Il est un peu plus grand que les trois autres (10 à 15 cm plus grand). Alors tous les quatre vont se précipiter successivement, en silence, à l’intérieur de la sphère, de façon étonnante : en flottant en l’air, bras serrés le long du corps, et en rentrant dans la boule par sa partie supérieure, la tête la première.

Pendant ce temps, et simultanément, la sphère commence à s’élever en silence, et le dernier “enfant noir” y pénètre alors qu’elle est déjà à une hauteur nettement supérieure à celle du sommet des arbres (deux à trois fois la hauteur des arbres préciseront les témoins). Mais auparavant, ce quatrième “enfant noir” était rapidement redescendu, pour “ramasser quelque chose” au sol, avant de s’élever de nouveau.

Pendant qu'elle s'élève, la sphère devient lumineuse, alors qu'elle ne l'était pas au sol. Et plus elle accélére et plus elle est lumineuse, "jusqu'à devenir aussi lumineuse et de même couleur que le soleil à midi".

La sphère grimpe rapidement en décrivant 4 à 6 tours d’un grand mouvement ascendant en spirale de rayon croissant, de 10 à 50, voire 100 mètres, parcouru très rapidement, à raison d’un tour par seconde environ, dans le sens horaire vu de dessous.

Simultanément, la sphère semble aux témoins augmenter considérablement de volume et de luminosité, un sifflement se fait entendre, et la boule disparaît vers l’Ouest-Nord-Ouest. Son éclat, insoutenable, est alors comparé à celui du Soleil à midi, si bien que les témoins ne savent pas vraiment expliquer comment elle est partie, la luminosité les ayant probablement contraints à fermer les yeux instinctivement.
Ensuite, les deux enfants témoins sentent une forte odeur, qu’ils appellent “odeur de soufre”, mais qui se révélera, en double aveugle, être plutôt proche de celle du gaz sulfureux (SO2), “mais pas exactement”.
Ces deux témoins sont très effrayés et choqués. Ils ramènent les vaches à la maison aussitôt, avec près de deux heures d’avance. Ils sont en pleurs. Ils resteront sous le choc pendant près d’une semaine.

NOTRE ENQUÊTE SUR LE TERRAIN :

L'enquête sur le terrain s'est déroulée sur le terrain les 18 et 19 Avril 1978, pendant deux jours pleins, avec quatre enquêteurs. Chaque témoin a été questionné séparément, sur les lieux mêmes de son observation ou de son intervention personnelle.
Nous posions des questions de détail, hors anecdote, auxquelles les témoins n’avaient jamais été confrontés, nous faisions, plusieurs fois, une reconstitution des faits et gestes de chacun, exactement comme dans la reconstitution d’un crime. Et, indépendamment des témoins, l’un des enquêteurs avait pour rôle de noter et chronométrer la moindre phase de la reconstitution.

De cette façon, on peut savoir, a posteriori, si l’ensemble des témoignages est cohérent temporellement et spatialement. Par expérience, nous avons appris que les témoignages cohérents dans les moindres détails sont les plus fiables, et cela grâce aux témoignages sur des faits non identifiés par les témoins mais parfaitement identifiés par les experts. Les gens ne savent pas bien apprécier les durées. Mais quand on fait refaire à chaque témoin, sans possibilité de communication avec les autres, ses propres faits et gestes, et que les temps sont les mêmes, à quelques secondes près, que pour des faits et gestes différents d’un autre témoin, il y a peu de chances que cela soit inventé.

Les témoins de Cussac, interrogés séparément, nous ont fourni de très nombreux repères angulaires quasi identiques, pratiquement les mêmes durées reconstituées, et des descriptions de multitudes de détails très cohérentes.

haie de Cussac

La photographie ci-dessus montre l'un des témoins au théodolite depuis le point où il observait en 1967. Au premier plan le muret de pierres, et la route, et au loin la haie derrière laquelle les témoins disent avoir observé la sphère et les "enfants noirs".
Les points A et B sont les directions d'azimut visées par ce témoin pour nous indiquer les emplacements des extrémités du diamètre
de la sphère. Nous avons mesuré AB = 5 mètres. Cela permet de connaître la hauteur des arbres.
La photo a été prise par moi-même au polaroïd et c'est moi qui ait dessiné les flèches A et B sur le cliché selon les visées du témoin.
Selon celui-ci la sphère se trouvait 10 mètres plus loin que la haie. Nous avons mesuré 72 mètres entre la haie et le théodolite pour ce témoin. Ainsi la distance mesurée de ce témoin à la position indiquée de la sphère était de 82 mètres.
L'autre témoin nous a indiqué la même direction de la sphère par rapport aux arbres de la haie, à 2,4 mètres près, mais à son avis, la sphère se trouvait à 8 mètres derrière la haie. Pour cet autre témoin AB = 4 mètres par cette méthode. Cet autre témoin était situé à 13 mètres (± 0,5 m) à gauche de la position photographiée ci-dessus, et également près du muret. Cet autre témoin était situé à  63,5 mètres de la haie (donc à 71,5 mètres de la sphère). Le Nord est à droite, la haie est rectiligne et alignée avec l'azimut 338,7 degrés (Zéro au Nord, 90 degrés à l'Est ...). Le terrain est plat. L'altitude du point d'observation est de 1042 mètres.

Carte IGN

Carte IGN récente (2005) des lieux de l'observation. Les témoins ont observé
depuis le point  A. La sphère se trouvait en  C, derrière la haie indiquée en
vert, entre les lettres  L et E du mot "stèle" sur la carte (cette stèle
n'existait pas en 1978). Les témoins ont rencontré, en  B, un
agriculteur sur son tracteur, quelques minutes après l'observation.
L'échelle est donnée par les lignes verticales bleues distantes de 1000 m.
En vert sur la carte : les haies séparatives des pâtures.
En pointillés noirs : les murets séparatifs sans végétation.


Les mesures de distance et de directions se faisaient de plusieurs manières : par rapports aux repères naturels (ici, la haie), au théodolite (haut, bas, gauche, droite de la sphère), et aussi en envoyant deux enquêteurs sur place guidés par les témoins. Chaque méthode de mesure était recommencée trois fois, pas immédiatement, mais avec d'autres reconstitutions intercalées (Il fallait plusieurs heures de reconstitutions successives). Nous procédions de même pour chronométrer les diverses phases de chaque partie de l'observation.

La haie ne comportait, en 1978, aucun arbre élagué ou "raccourci", il s'agissait d'une haie d'altitude, non entretenue, sans feuilles les 18 et 19 Avril 1978, à cause de l'altitude. Il est très probable que cette haie ait peu évolué entre 1967 et 1978. Voir plus loin une autre photographie de la haie, prise de plus près, avec le Gendarme au premier plan.

La durée de l’observation, qui a été reconstituée de différentes manières, conduit aux résultats suivants : Durée d’observation silencieuse avant décollage de la sphère : 13 à 15 secondes. Durée d’observation pendant la montée et la disparition de la sphère, avec sifflement perçu : 10 à 15 secondes. Donc au total environ 30 secondes.
La reconstitution des distances a également été obtenue par plusieurs méthodes conduisant aux mêmes résultats :

Témoins / sphère = 71,5 et 82 m.
Sphère/ haie = 8 et 10 m.
Sphère / route = 30 et 33 m.
Diamètre (reconstitué) de la sphère = 4m pour la fille et 5 m pour le garçon (± 0,3 m)

Les "estimations" du diamètre de la sphère étaient : de 2,5 m pour le garçon et de 2 m pour la fille, mais tous
deux ont estimé que le haut de la sphère posée au sol atteignait presque le haut des arbres (5,4 m)
Taille des “enfants noirs” = 1 à 1,2 m
(par comparaison avec la taille de la sphère et aussi celle d'un enquêteur envoyé sur place)

La durée du son, reconstituée par le Garde Champêtre est de 10 à 12 secondes.
Par le garçon, elle est de 8 à 14 secondes.
Par la fille elle est de 14 à 16 secondes.
Il s'agissait, selon les trois témoins, d'un "sifflement doux et assez aigu, avec un mélange de faible souffle",
mais en aucun cas d'un son fort comme celui d'un hélicoptère (nous avons fait préciser).
Le son avait une intensité constante, il a débuté et cessé brusquement.

Nous n'avons pas utilisé les "estimations" de durées des témoins, mais
chonométré effectivement la durée entre des "tops" (gestes) des témoins, interrogés séparément.
Trois reconstitutions de durée du son pour chacun, espacées dans le temps
Les valeurs indiquées ci-dessus sont les durées extrêmes.

Donc, il est hautement probable qu’ils ont entendu la même chose, à 500 mètres les uns des autres.

Les témoins eux-mêmes nous ont dit que nous avons été les premiers à tenter de reconstituer, avec leur aide, les dimensions de la sphère. Nous l’avons fait par deux méthodes différentes, recommencées deux fois chacune, pour chaque témoin. Cela fait 8 reconstitutions distinctes. Il s’agissait bien d’une boule, de hauteur et largeur identiques, de 4 à 5 mètres de diamètre.

La fille sous-évalue systématiquement les distances et les dimensions. Elle estimait le diamètre à 2 mètres tandis que nous mesurions effectivement 4 / 5 mètres sans le lui dire.
Le garçon sous-évalue un peu moins les distances que sa soeur.

Selon lui, la sphère s’est mise à “spiner”, de plusieurs tours, un peu après son décollage, ce que sa soeur n’a pas observé. Cette rotation, autour d’un axe vertical, aurait modifié la silhouette géométrique observée s’il ne s’était pas agi d’une sphère, ce qu’aucun témoin ne décrit. Ils ont systématiquement utilisé les mots “boule” et “sphère”, et aucun autre.

Nous avons interrogé et reconstitué les faits et gestes d’un agriculteur qui a vu les deux témoins et leur a parlé, 10 à 15 minutes après l’observation, quand ils étaient en train de rentrer avec les vaches. Il confirme leurs pleurs et leur état de choc. Il confirme aussi l'agitation anormale des vaches. Cet agriculteur était allé, pendant toute la matinée, étaler du fumier dans son champ, situé à 680 mètres de l'emplacement de la sphère. Il revenait vers le village "vers 11 heures" avec sa remorque et son tracteur et il a croisé les enfants au carrefour de la route menant au village (celle que l'on voit sur la photo ci-dessus). Il attendait au carrefour que les vaches conduites par les enfants passent avant de s'engager, et il a parlé aux enfants de très près (<1m50). Les voyant en pleurs il a même proposé de les raccompagner, mais ils ont refusé. En fait ils étaient à moins de dix minutes de la maison de leurs parents. Nous avons vérifié que cet agriculteur ne pouvait observer le départ de la sphère survenu environ 10 à 15 minutes plus tôt, en raison de la présence de haies et de la conformation du terrain. Nous avons refait, à pied, le trajet suivi par cet agriculteur avec lui, et chronométré ce trajet.

Nous avons interrogé aussi, chez lui,  le garde champêtre, qui se trouvait dans son grenier au moment de l’observation, à 500 mètres du lieu d’observation. Il confirme, lui, avoir entendu le bruit de sifflement de départ de la sphère. Nous en avons reconstitué la durée approximative.

Trois témoins adultes confirment avoir senti l’odeur au moment des faits, et la reconnaissent tous “en double aveugle” comme proche de celle du gaz sulfureux.

Le Maire déclare que le chien est arrivé à la ferme avant les enfants, ce qui était inhabituel. Dès que son fils lui eut raconté les faits, il est allé sur les lieux avec son fils, témoin direct, et il n'a rien remarqué de particulier en dehors de l'odeur.

Selon notre reconstitution, il fallait aux enfants environ 20 minutes pour rassembler les bêtes et rejoindre leur maison après l'observation, la chronologie des faits, les heures approximatives indiquées par les divers protagonistes et les distances à parcourir sont cohérentes.

Le gendarme qui a enquêté l’après midi du 29 Août 1967, vers 16 heures, en présence du Maire et de son fils, sur les lieux, confirme lui aussi avoir senti l’odeur à ce moment là, plus de 5 heures après l’observation, et indique en outre la présence, derrière la haie, très près de l’emplacement où les témoins disent avoir observé la sphère, d’une zone circulaire de 4 à 5 mètres de diamètre, "où l’herbe était très légèrement jaunie", Pantone 379. Cette trace, de faible contraste, aurait été observée pendant plusieurs jours par les gendarmes, au cours de leurs rondes habituelles. Elle aurait été "plus contrastée" après la première journée.

gendarme et haie

La photographie ci-dessus montre le gendarme que nous avons interrogé (visage censuré par moi). La photo est prise depuis la route. A l'arrière plan la haie derrière laquelle les deux témoins principaux ont observé la sphère et les "enfants noirs". La haie est vue ici depuis la route, mais du côté où se trouvait la sphère. Selon les témoins, la sphère était située à 8 à 10 mètres de la haie vue de leur point d'observation, et à 30 à 33 mètres du bord de la route. Entre le Gendarme et la haie se trouve la prairie où la sphère était posée selon les témoins. C'est à une dizaine de mètres de l'emplacement indiqué par les témoins (mais dans le même azimut) que le Gendarme nous a indiqué l'emplacement du cercle d'herbe jaunie de 4 à 5 mètres de diamètre (Selon lui un cercle plein et non pas un anneau de type mycélium).
En réalité, trois Gendarmes sont venus à Cussac le jour de l'observation, vers 16 heures. Un seul était encore en activité en 1978, c'est celui que nous avons questionné (ci-dessus). Un autre était décédé entre 1967 et 1978, le troisième avait pris sa retraite, mais nous n'avons pu retrouver sa nouvelle adresse dans le temps imparti.

Toutes les personnes que nous avons interrogées ne sont pas des personnages avides d’une quelconque publicité. Il nous aura fallu, bien au contraire, déployer des trésors de patience et de négociations, pour les faire accepter de participer à notre enquête.

Deux des cinq témoins que nous avons questionnés nous-mêmes ont dit qu’ils étaient interrogés pour la première fois, le gendarme inclus. Les deux témoins principaux nous ont répété les mêmes faits que ceux qui ont été publiés par le GEPA en 1968 . L’enquête GEPA a eu lieu au début de l’hiver 1967 d’après les photos où l’on voit Claude Pavy en compagnie des enfants, près de la haie, mais la publication artisanale de la revue prenait près de six mois.

Nous avons particulièrement pris soin de faire en sorte que les témoins ne nous racontent pas une histoire apprise par cœur. C’est dans les détails sans importance que l’on peut vérifier la véracité d’un récit.

Voici ce qu’en pense le Magistrat : les divers éléments sont tous dans le sens de la réalité des dires des enfants : leur frayeur, effectivement observée par des tiers, la constatation, par d’autres témoins adultes et dignes de foi, de l’odeur, du bruit, et de l’agitation des animaux. Il n’existe, dans ces divers éléments, aucune faille, aucune discordance qui permette de douter de la sincérité des témoignages.


RECONSTITUTION DE LA PHASE DE DÉPART DE LA SPHÈRE :

Nous avons vraiment beaucoup travaillé pour reconstituer cette phase de l’observation, toujours en interrogeant les témoins séparément.
Quatre méthodes ont été utilisées : estimations des témoin, visées au théodolite, comparaisons par rapport à la taille de repères du paysage (arbres, clocher), directions indiquées "en temps réel" par les témoins, bras tendu + géométrie.
Il faut bien comprendre qu'il ne s'agissait pas de mouvements angulaires minuscules, mais au contraire de très grande ampleur. Le diamètre angulaire maximum de la trajectoire spiralante était de 50±5 degrés pour le garçon et de 30±3 degrés pour la fille. L'axe de symétrie de la spirale était incliné dans la direction de départ, sans que la sphère passe au zénit des témoins à chaque tour, mais plutôt de telle sorte que le point bas de chaque tour soit à environ 15 / 20 degrés au dessus de l'horizon dans l'azimut 290 degrés environ.

Voici nos résultats, incertitudes incluses, issus des mesures au théodolite et au chronomètre :

Selon le garçon :
Décollage lent à la verticale après embarquement des quatre occupants, avec quelques tours de spin autour d’un axe vertical. Puis brusque accélération selon une trajectoire hélicoïdale :
Spirale de quatre ou cinq tours.
Diamètre minimal : 3 à 4 fois le diamètre de la sphère, soit 15 à 20 mètres.
Diamètre maximal : 5 à 6 fois le diamètre minimal soit 75 à 120 mètres.
Pas de la spirale : montée d’environ le 1/4 du diamètre à chaque tour.
Vitesse angulaire de parcours de la spirale : variable, 1 tour par seconde environ au début, et de l’ordre de 3 à 5 tours par seconde à la fin. Cette accélération fut, semble-t-il, très brève, donc la vitesse angulaire de fin de trajectoire est probablement sujette à caution. Nous avons eu du mal à la déterminer, par l’observation du mouvement du bras droit tendu du témoin, qui suivait, de mémoire, la direction de la sphère pendant sa montée en spirale.
Sens de rotation = horaire, vu de dessous.
La boule semblait croître de diamètre et de luminosité en s’élevant, jusqu’à devenir “aussi lumineuse que le Soleil à midi” quand elle “a disparu”.
Le témoin ne sait pas comment elle a disparu. “A un instant elle était là dans le ciel. Azimut = 297°, élévation = 18,7°, et l’instant d’après elle n’était plus là”.
Durée totale, du décollage à la “disparition” = 8 à 14 secondes.
Bruit perçu pendant cette phase = “Un sifflement plus un souffle, comme un canot à moteur au démarrage”.

Selon la fille :
Décollage lent après embarquement des quatre occupants, pas de spin observé. Puis brusque accélération selon une trajectoire hélicoïdale :
Spirale de cinq ou six tours.
Diamètre minimal : 2 à 3 fois le diamètre de la sphère soit 10 à 15 mètres.
Diamètre maximal : 3 fois le diamètre minimal soit 30 à 45 mètres.
NB : le témoin sous-évalue les distances et les dimensions d’un facteur 1,4 à 2,5. La distance de la haie est évaluée à 55 m au lieu de 80 m mesurés. Le diamètre de la sphère évalué à 1,5 à 2 m pour 5 mètres au théodolite.
Donc, le diamètre maximal pourrait être, à cause de la sous-évaluation systématique, de 60 à 100 m.
Pas de la spirale : montée d’environ 1/2 diamètre entre chaque tour.
Vitesse angulaire de parcours de la spirale : fixe, 1 tour par seconde environ, selon les reconstitutions. Résultats moins dispersés que pour son frère.
Sens de rotation : horaire, vu de dessous.
La boule lui a semblé croître de diamètre et de luminosité en s’élevant, jusqu’à devenir “aussi lumineuse que le Soleil”, cela lui a “fait mal aux yeux”. Le témoin ne sait pas non plus comment elle a disparu : Azimut = 289°, élévation = 21°.
Durée totale, du décollage à la “disparition” : 12 à 18 secondes.
Bruit perçu pendant cette phase = “Un sifflement”.

Commentaire : Il est tout particulièrement regrettable que les documents d'analyse de cette observation sur internet ait “omis” cette phase de départ de la sphère, escamotant ainsi la moitié des faits observés. Ce sont là des faits qui excluent totalement l’hypothèse d’un hélicoptère. Mais c'est sans doute à cause du mutisme total du CNES.
L’accélération centrifuge calculée sur ces bases, le long de la trajectoire en spirale de départ de la sphère est si énorme, de l’ordre de 100g, voire même beaucoup plus, qu’elle n’a aucun rapport avec celles qui existent en aéronautique, même à la limite de résistance des matériaux.
Il faudrait admettre la possibilité d’une erreur de reconstitution des durées des séquences d’observation d’un facteur de l’ordre de 100 pour revenir à un niveau d’accélération “possible”.
Mais une telle erreur sur les durées serait d’une part hautement improbable, et d’autre part incompatible avec les déclarations des autres témoins, car 100 fois 30 secondes, cela fait 50 minutes. Nous y reviendrons.


TENTATIVE DE RECONSTITUTION DE L’ODEUR :

Une odeur “de soufre” a été signalée en 1967 par le Maire, le garde champêtre, les deux témoins et le gendarme. Mais le soufre n’a pas d’odeur. C’est pourquoi j’ai pensé au SO2 et à l’ozone, à cause des termes utilisés et de la lumière vive observée, mais je n’ai pas pu tester l’ozone.

Nous avions quatre flacons sans autre identification qu'un bouchon de couleur, que j’avais préparés moi-même la veille. Du kérosène partiellement brûlé, qui avait bien l’odeur des gaz d’échappement d’une turbine aéronautique. Du SO2 obtenu par combustion d’un peu de soufre. Du dioxyde d'azote (NO2) venant d’un réservoir sous pression du CNES, gaz qui est l’un des composants des gaz d’échappement d’un moteur à essence d’avion (les autres composants, H2O, CO, CO2 ... sont en majorité inodores). Il y avait aussi de l’acétone, choisie au hasard par un tiers.

Les tests ont eu lieu en “double aveugle”, ni moi ni les autres enquêteurs ne devant sentir les flacons avant l’enquête ou en présence des témoins (je m’en suis assuré). Ces flacons étaient repérés par un bouchon de couleur, apposé par un tiers, avant notre départ, sans que nous sachions les correspondances gaz / couleurs.
Il n’y avait pas d’ozone, ce que j’ai regretté, mais ce gaz est instable et doit donc être produit au moment du test. Nous n’avions pas de générateur portatif d’ozone à notre disposition. Ce type d’appareil, utilisant des effluves produites par une tension de plusieurs kilo volts n’est, en effet, pas sans danger, ni facile à rendre portatif. En outre, comment faire un test en “double aveugle” si l’un des gaz est produit au moyen d’un appareil spécial.

Les tests d’odeurs en double aveugle ont donné les résultats suivants :

la fille a dit que l’odeur mémorisée ne ressemblait à aucune de celles de nos flacons.
Le garçon a dit que le SO2 était proche, mais pas exactement,
et qu’il fallait peut-être mélanger l’odeur d’acétone à celle du SO2 pour approcher l’odeur mémorisée.
Le gendarme a désigné sans hésiter l’odeur du SO2,
de même que le Garde Champêtre.
Le Maire a déclaré être incapable de se souvenir de l’odeur, mais il est resté longtemps à sentir le SO2 sans commenter.
(Le maire a dit avoir senti l'odeur en retournant sur les lieux avec son fils vers 11 heures, puis vers 16 heures avec les Gendarmes)

Ces tests d'odeurs s’appuyaient sur les récits de 1967 des témoins, mais nous voulions également tester l’hypothèse d’un hélicoptère. Notre kérosène était partiellement brûlé, c’est exactement ce qui se passe au démarrage d’une turbine aéronautique.
L’odeur de l’échappement d’un moteur aéronautique à essence a été quand même testée grâce au NO2, mais à 80 mètres de distance, on ne sent strictement pas l’odeur d’échappement d’un Bell 47 à cause de la dilution due aux souffles des rotors. Idem pour un hélicoptère à turbine comme l’Alouette II.

Les deux témoins oculaires précisent qu’ils ont senti cette odeur quelques instants APRÈS le départ de la sphère.

Selon la Météorologie Nationale, le vent était nul ou inférieur à 3 m/s, venant de l’Ouest ou du Nord-Ouest, précisément la direction d’observation de la sphère par les témoins. Ainsi, la production d’une odeur par le phénomène observé devait se traduire par la perception de cette odeur après un certain délai, à cause des 80 mètres à franchir, et de la faible vitesse probable du vent.

Les 80 mètres sont franchis en 27 secondes par un vent de 3 m/s. La durée totale, reconstituée, de l’observation étant de 21 à 29 secondes pour le garçon et de 25 à 35 secondes pour la fille, et les témoins prétendant avoir senti l’odeur après le départ de la sphère, il y a donc une bonne cohérence entre les durées reconstituées, la distance reconstituée, l’instant où l’odeur a été perçue et la vitesse du vent.
Il apparaît peu probable que cette cohérence soit le fait du hasard.

Nous avons prélevé de la terre et des pierres derrière la haie, et nous avons progressivement porté ces échantillons à 500° C le surlendemain, sans qu’aucune odeur particulière ne se manifeste. On aurait pu en effet rapprocher l’odeur de gaz sulfureux, perçue par quatre personnes, du fait que la région est d’origine volcanique, mais cette hypothèse s’est avérée sans fondement.


ANALYSE DU COMPORTEMENT DES ANIMAUX :

Les témoins déclarent qu’ils ont été alertés par le comportement des vaches dont ils assuraient la garde. Examinons la cohérence de cette déclaration avec les faits.
Les bêtes s’agitent soudainement, un gardien de troupeau, dans cette situation, cherche évidemment à savoir pourquoi, c’est donc en se retournant que le garçon aperçoit la sphère et les quatre “enfants noirs”.
Les vaches, en outre, broutent généralement “face au vent”, enfin la majorité, car il y a des dissidentes... Bref, la majorité des vaches de Cussac broutaient probablement face au faible vent, venant de l’Ouest ou du Nord Ouest, elle étaient donc en majorité tournées vers la haie où a été observée la sphère, contrairement aux témoins, qui lui tournaient le dos. (*)
Par conséquent, il apparaît parfaitement normal que les bêtes soient les premières à voir arriver une sphère silencieuse, et lumineuse, face à elles, sphère qui les affole, parce que ce n’est pas familier. Il s’agit là d’un comportement très classique de bovins.
Deux témoins adultes, agriculteurs professionnels de Cussac, ont confirmé l’agitation anormale des bêtes après l’observation de 1967. Le Maire a confirmé que le chien des enfants avait, lui aussi, un comportement anormal.

(*) Commentaire 1 : Nous avions fait cette constatation dès 1978, en examinant des troupeaux de bovins dans la région, pendant le voyage en voiture vers Cussac et retour. Depuis cette époque, nous avons eu l'occasion de vérifier ce comportement majoritaire "face au vent" dans le Limousin, dont nous avons discuté avec un éleveur. Celui-ci a confirmé, il attribue ce comportement à l'odorat, et au fait que le vent s'écoule dans le sens du pelage. Bien évidemment, ce comportement n'est observable qu'en espace libre, avec un vent modéré.

Commentaire 2 : Je souhaite étayer ce point de vue de 1978, à propos du comportement des vaches en présence d'une anomalie silencieuse, par une anecdote vécue en 1999.
En Août 1999, nous avons assisté à l’éclipse totale de Soleil, au nord de Paris, en pleine campagne, dans l’axe de la bande de totalité. Nous étions sur place plus d’une heure avant le début de l’éclipse, entourés de champs cultivés et de prairies où des vaches broutaient en grand nombre dans les prés. Un peu avant la totalité, la luminosité du jour avait déjà fortement décru, et nous avons assisté à un comportement particulier des animaux. En premier lieu, un silence total, plus un seul chant d’oiseau, plus un bourdonnement d’insecte. Les vaches ont cessé de brouter et se sont agitées, sentant manifestement qu’un phénomène inhabituel se produisait. Alors, toutes ensemble, elles se sont regroupées en silence à l’opposé de la direction solaire, dans un angle de la pâture. Pourtant, le soleil était encore trop lumineux pour pouvoir l’observer à l’oeil nu et constater sa forme modifiée, sans lunettes spéciales. Ce comportement des animaux a duré pendant toute l’éclipse, jusqu’à ce que la luminosité ambiante redevienne conséquente. Pendant la brève totalité, les vaches se sont cependant mises à meugler. Puis les oiseaux se sont remis à chanter et les vaches sont retournées à leur occupation favorite. Ce phénomène a été observé et commenté par toutes les personnes qui nous entouraient.
Les vaches de Cussac n’avaient pas besoin d’un son d’hélicoptère pour manifester un comportement inhabituel. L’arrivée silencieuse de la sphère, sa luminosité probable les a inquiétées, alors elles se sont agitées et sont parties dans la direction opposée.

CONSIDÉRATIONS MÉDIATICO - SOCIO - PSYCHOLOGIQUES :

Dans ce domaine, nous ne sommes pas en présence de faits scientifiques “purs et durs” à analyser, mais d’idées personnelles commentées. C’est un point sur lequel je tiens à insister.
La partie psycho-sociologique du rapport d'enquête est évidemment couverte par le secret professionnel, mais je peux dire qu'elle est très favorable à la véracité des dires de tous les protagonistes.
Les critiques sont prompts à mettre en doute les déclarations des témoins sur la base de commentaires psychologiques douteux. Prétendre approfondir la personnalité d’un témoin à peine adolescent, onze à seize ans plus tard, relève d’une sérieuse compétence en psychologie médicale. Il ne s’agit donc dans ce cas, certainement pas de science mais de transposition, à des tiers, d’idées personnelles sur les faits rapportés par les témoins.
Au GEPAN, en 1978, nous avions à disposition la compétence d’une VRAIE psychosociologue dûment diplômée, “prêtée” pendant deux ans par le Professeur de psychosociologie parisien, membre du Conseil scientifique du GEPAN. Cette dame nous fut très utile pour aborder ces aspects, très délicats, avec toute la méthodologie, la prudence, le respect d’autrui, la discrétion et la modestie aussi qui sont de mise. Ses conclusions furent les nôtres, elle a signé le rapport comme nous. Elle a passé beaucoup de temps à participer à des enquêtes, et à écouter et re-écouter les bandes d’enregistrement. Ses analyses argumentées figurent aux rapports du GEPAN au Conseil scientifique, rapports que j’ai sous les yeux.

Le contexte médiatique en 1967 :

Je n’ai pas le souvenir d’une émission marquante de radio ou de TV, ou d’un article de presse, sur le sujet des “ovni” à cette époque. Les revues des associations, comme “Lumières Dans La Nuit” et “Phénomènes spatiaux” étaient publiées à “dose homéopathique”. On ne les trouvait pas en kiosque, et quand, en 1969, j’ai voulu me documenter, suite à une mission aux USA où j’ai appris l’existence des observations par un confrère (le Dr Hynek), j’ai eu toutes les peines du monde à trouver ces revues en France.
Pourtant j’étais “concerné” par le sujet, car responsable des programmes d’astronomie spatiale au CNES, on traitait d’exobiologie, des projets SETI, etc... Personne ne parlait d’ovni à Paris, alors dans le fin fond du Cantal, cela devait être encore plus ignoré.

A cette époque, point d’internet ni d’ordinateur personnel, il fallait 20 minutes de patience pour obtenir une communication téléphonique via des standardistes, et la TV en couleurs n’était pas encore dans les foyers.

Si des revues comme LDLN organisaient des “veillées”, il ne s’agissait que d’une “poignée” de noctambules associatifs, et leur activité n’avait pas d’écho dans la presse locale avant la date de l’observation.

L’hypothèse d’une “pollution” intellectuelle préalable des témoins est dérisoire, le résultat systématique de ce que j’appelle “une enquête au fond d’un fauteuil confortable”.
A ce titre, des expressions telles que “large audience”, “submergée de témoignages”, employées par les analyses sur internet, ne constituent en aucune manière des faits utiles à l’analyse du cas de Cussac. C’est une façon d’influencer le lecteur, par des idées personnelles, sur une supposée effervescence médiatique ufologique en 1967, qui n’existait pas.

Autre allusion classique des critiques : les dessins humoristiques et publicités des journaux de l'époque, où “la soucoupe” est présente, comme c’est le cas depuis 1947. Encore une allusion révélatrice de présupposés, mais qui n’est d’aucun intérêt dans le cas concret de Cussac, où il n’est pas fait la moindre référence à “une soucoupe”. L’amalgame est une méthode classique de diffamation, mais ce n’est pas de la science.

Un événement est intervenu le 17 Juillet 1967, à Arc-sous-Cicon, où des enfants de 10 à 15 ans se trouvent dans les pâturages proches de leur village. Ils racontent avoir vu des "nains noirs", courir non loin d'eux mais n'observent aucun ovni. Monsieur Maillot fait l’hypothèse que les témoins de Cussac auraient pu en avoir connaissance. Mais il s'avère que cet événement n'a pas été publié dans La Montagne ou La Voix du Cantal .

Je découvre cette autre observation “d’enfants noirs” en 2004. Il est vrai qu’il n’y a aucun “phénomène aérospatial” associé. Mais, si je l’ignorais malgré nos moyens “lourds” de collecte de données, je doute fort que deux gosses d’un village perdu du Cantal, en vacances, gardant les vaches familiales chaque jour, aient pu avoir accès à cette information. Le cas de Cussac n’est manifestement pas un canular, donc cette allusion n’apporte rien d’utile. Par contre, si l’hypothèse d’une machine volante devait être analysée, alors l’observation d’Arc-sous-Cicon présenterait un certain intérêt, bien évidemment.

PS (7-2004) : A ce propos, voir à la fin de l'exposé du cas de Cussac un extrait de presse à propos de l'observation d'Arc Sous Cicon, qui m'a été adressé à la suite de l'ouverture de ce site web.

Règle numéro 1 : si on ne sait pas, on se tait, ou bien on recherche l’information. Chacun peut tout construire par des hypothèses successives, mais, l’assemblage n’a strictement aucune valeur faute d’être conforté par des faits concrets. C’est exactement de cette façon là que la science progresse : des hypothèses confirmées par des faits. Sans faits établis, il ne s’agit que de science fiction. En l’occurrence, l’hypothèse de “fabrication” par les témoins du cas de Cussac ne peut être retenue en raison de la cohérence des déclarations des autres témoins indirects.

Nous savons que l’observation de Cussac a été connue en premier lieu par un interview radiophonique du père des témoins par Radio Luxembourg le 30 Août 1967. Certains en ont déduit que le récit de l’observation aurait pu être embelli par le désir de publicité.
On prétend que le GEPA aurait écrit que c’est le père des enfants qui aurait appelé Radio Luxembourg pour relater les faits.
Mais ce n’est pas ce qui est écrit dans la revue du GEPA de juin 1968 : Radio Luxembourg nous avait très obligeamment remis l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre un de ses reporters et le père des enfants”, ce qui ne permet pas de penser que c’était le père qui avait fait une démarche publicitaire.

Je connais bien l’insistance de certains reporters de radio, et j’ai également l’expérience de très nombreux témoins. Ces derniers veulent bien, à la rigueur, s’adresser à un service public, du fait du devoir de réserve qui lui est imposé par la Loi. Mais ils demandent systématiquement que leur anonymat soit préservé pour les médias.

Dans le cas de témoins de formation supérieure ou bien ayant des fonctions de responsabilité, il est clair qu’en aucun cas ils n’accepteraient de témoigner en dehors d’un contexte de confidentialité garantie.

Cette affirmation, concernant l’appel de “radio luxembourg” me paraît donc pour le moins “douteuse” à beaucoup d’égards.

En premier lieu, elle ne correspond pas du tout à la personnalité du père que nous avons rencontré.

En second lieu, peut-on croire vraiment que le lendemain même de l’observation faite par ses enfants, choqués, le premier magistrat d’une commune du Cantal, de 280 habitants, ait eu pour priorité d’appeller “radio luxembourg” ?

En troisième lieu, pour quel motif ?

Tout le village savait déjà ce qui s’était passé : les gendarmes étaient venus. L’ambiance de méfiance de ce village n’est vraiment pas la recherche d’une quelconque publicité.

C’est très probablement un journaliste en quête de faits divers, venu à la gendarmerie, comme ils le font souvent, qui a été renseigné. Alors, évidemment, un reporter a appelé le Maire par téléphone.
C’est presque toujours de cette façon là que les choses se passent. Les témoins sont unanimement extrêmement réticents vis-à-vis des médias.
Selon nos sondages, 90% des observations restent totalement inconnues.

Fort heureusement, des associations d’amateurs, comme LDLN ou le GEPA, que cite internet, recueillent ces rares témoignages, et c’est souvent grâce à eux que nous en avons connaissance. Certes, les rapports de Gendarmerie sont une autre source d’informations à ce sujet, mais en 1967, il n’y avait pas de directives à la Gendarmerie pour rapporter ces faits.

Respectons les “enquêteurs privés”, car, sans eux nous ne saurions pratiquement rien. Personnellement, j’estime qu’il faut leur rendre hommage.

Il ne faut pas confondre ces associations et leurs publications, distribuées à leurs membres; avec la diffusion considérable de la presse nationale ou régionale. Les témoins ne lisent pas les publications des associations d’amateurs d’observations d’ovni. Ce genre de revue n’est pas préparé par des “journalistes”, mais par des bénévoles, pendant leurs loisirs, et à leurs frais. Les enquêtes sur le terrain sont rares, parce qu’elles sont longues à mener à bien et onéreuses. La plupart des articles de ces revues sont donc des reprises d’entrefilets de presse, des vérifications approximatives par téléphone, ou bien des publications de courriers de lecteurs membres de l’association.

Sur internet, on prétend que la description de la sphère et des “enfants noirs” aurait évolué entre 1967 et 1978. Mais les faits enregistrés au cours de notre enquête de 1978 contredisent cette affirmation. Les témoins nous ont en effet relaté strictement les mêmes faits que ceux qui ont publiés en 1968 par le GEPA, dans leur revue, totalement épuisée en 1978. Le GEPA a en outre été dissous en 1977.

En ce qui concerne la publication de l’observation de Cussac dans la presse régionale en 1967, je n’ai pas la certitude que le journaliste de “la Montagne” ait interrogé correctement les enfants en Septembre 1967. Par contre il est probable qu’il a effectivement interrogé le dirigeant par intérim de la brigade de Saint Flour, une source indirecte. Nous avons souvent constaté que des articles de presse sur les observations de ce type font appel à des sources secondaires. Peut-on penser en effet qu’un article, en page 5 d’un quotidien local, fasse se déplacer systématiquement un journaliste à plusieurs dizaines de kilomètres, quand un simple appel téléphonique procure la matière à rédiger deux ou trois paragraphes ? Par contre, il est certain que l’enquête du GEPA, publiée en Juin 1968, a eu lieu pendant l’hiver 1967-68, car les arbres de la haie n’ont pas de feuilles, sur la photographie où l’on voit l’un des enquêteurs en compagnie de la fillette. Dans cet article, rédigé par Joël Mesnard et Claude Pavy, il n’est question que de sphère, et la description des occupants n’est pas fantaisiste.

La presse régionale ou nationale ne se lance que très rarement dans une enquête soignée à propos d’une observation d’ovni, a fortiori quand les témoins sont deux enfants. Les enquêteurs bénévoles des associations, par contre, ont toutes les raisons de faire ce travail d’enquête de manière approfondie.

J’ai eu l’occasion de vérifier que les enquêteurs bénévoles essaient, en très grande majorité, de faire de leur mieux, sans intervenir dans les descriptions des témoins. En particulier, je me suis rendu compte que ceux du GEPA furent parmi les meilleurs. J’ai pu constater, moi-même, leur souci de ne pas influencer le choix des mots. La plupart enregistrent les propos sur magnétophone et font l’analyse du cas plus tard, revenant éventuellement sur place, sans les témoins, pour effectuer un croquis, faire des photographies. Ces enquêteurs sont rarement des “fanatiques d’extraterrestres” , la majorité sont simplement des personnes dont la curiosité naturelle s’est trouvée confrontée à un phénomène inexpliqué, dans leur entourage. Ceux d’entre eux qui prétendent avoir fait une observation sont rarissimes. Tous, quasiment sans exception, ont coopéré de leur mieux avec nous, quand cela était utile. Ils constituent en fait un “échantillon de population” avec ses défauts et ses qualités. Tous sont respectables. Il y a quelques scientifiques de très haut niveau parmi eux, j’ai pu m’en rendre compte.

Il était compliqué et coûteux, pour un mouvement associatif, de se rendre sur place. L’enquête de Mesnard et Pavy, du GEPA, basé à Paris, s’est déroulée sans prévenir, ils l’ont écrit, et manifestement en l’absence du père des témoins, ce qui peut expliquer leur succès à interroger les enfants.
Ces enquêteurs sont souvent, mais pas toujours, favorables à l’hypothèse “extraterrestre”, mais cela n’implique pas la volonté systématique de biaiser les dires des témoins.

En quoi le fait d’être ouvert à une hypothèse serait-il condamnable ?
Ne peut-on pas penser qu’une “opposition systématique”, et probablement “mal documentée”, à cette hypothèse soit tout autant en mesure de biaiser le jugement ?
En tous cas, à Cussac, serait-il possible d’ameuter et d’influencer un troupeau de bovins, en envoyant des enquêteurs favorables à l’existence des extraterrestres interroger les gardiens du troupeau six mois après les faits ?

Les deux témoins sont frère et soeur :

Je trouve étonnant que de rares commentateurs considèrent que, du fait de cette parenté, la valeur des témoignages serait, à leurs yeux, douteuse.
Quelle qualification en pédopsychologie autorise une telle affirmation ? Certes, les deux principaux témoins sont parents, mais vivent loin l’un de l’autre, et jamais ils n’ont été confrontés séparément à un théodolite ou à une échelle colorimétrique Pantone au cours des onze années. Ce sont de rudes outils. Personne ne les a chronométrés pendant leur retour vers le village, et personne n’a confronté cette durée avec le trajet fait par un autre témoin qui affirme, comme eux, les avoir rencontrés à un endroit précis.

Car il faut évidemment savoir si cet autre témoin aurait pu ou non voir la sphère s’envoler. Les deux témoins ne sont en outre pas strictement d’accord sur certains détails concernant les “enfants noirs”, d’une part parce qu’ils les observaient de deux points différents, distants de 13 mètres environ, ce qui, à travers une haie, peut révéler des détails visibles pour l’un et cachés pour l’autre.

D’autre part, parce que leur vue est différente. Le garçon est légèrement myope et fortement astigmate, défauts corrigés par des lunettes qu’il portait alors, tandis que sa soeur possède une vision normale. Nous nous en sommes assurés par des tests discrets : questionnaires d’état civil avec de très petits caractères, examen des lunettes par l’ingénieur opticien.

Le frère et la soeur ont souvent parlé ensemble de leur observation, bien évidemment. Précisément, cela ne peut être qu’un argument supplémentaire en faveur de l’importance des faits observés. Serait-ce une raison suffisante pour que des témoins modifient à 100% chacun de leurs témoignages? C’est ignorer la nature humaine, car chacun revendique sa liberté de pensée et d’interprétation, davantage peut-être même entre frère et soeur.

Le garçon a fait des études de droit, et il était très réticent à témoigner avant d’accepter de nous rencontrer. Il a fallu toute l’autorité morale et la patience du Magistrat pour le convaincre. Mais, au cours de l’enquête, très contraignante pour lui, il s’est avéré très coopératif, pointilleux, dans le choix de ses mots, dans les reconstitutions, en professionnel soucieux de nous informer de son mieux.
Jamais le frère et la soeur n’ont manifesté le moindre signe de connivence, que nous guettions, évidemment.

La brièveté de l’observation et la richesse des témoignages :

Ce point est à commenter, car il apparaît dans de nombreux témoignages. Je le commenterai par un exemple.
Je me souviens en effet d’une expérience à laquelle j’ai assisté au cours de mes études universitaires. Le professeur nous parlait de la vision humaine et de la “persistance rétinienne”. Il y avait, dans l’amphi, deux grands tableaux coulissants vers le haut, et, pendant son cours, il écrivait sur le tableau extérieur, l’autre étant caché derrière. A la fin du cours, il a fait éteindre l’éclairage de l’amphi, sans fenêtres, y compris les éclairages de secours. Et nous a laissés dans l’obscurité complète une ou deux minutes.

Pendant ce temps, il faisait monter le tableau arrière, précédemment caché, au-dessus de celui sur lequel il avait fait son cours. Puis il nous a demandé de regarder dans cette direction sans cligner des yeux quand il compterait 1,2 et 3. Puis, à 3 il a éclairé le tableau supérieur par un flash électronique de photographe de durée 1 milli seconde. Alors, tous les étudiants ont pu lire une phrase courte qu’il avait écrite à la craie en gros caractères sur ce tableau.

Il a fait rallumer l’éclairage et nous a ensuite expliqué que la durée de 1 milli seconde du flash était insuffisante pour déchiffrer la phrase. Il fallait donc que cette image soit transmise dans l’aire visuelle du cerveau, et “lue ensuite”. Puis il nous a montré un film ralenti sur les saccades oculaires d’une personne en train de lire un texte. Ces saccades sont extrêmement brèves, et pourtant non seulement on parvient à faire la reconnaissance de forme des caractères imprimés, mais en plus, à en extraire le sens de la phrase lue. Enfin, il nous a montré un film ralenti sur les saccades oculaires d’une personne examinant la photographie d’un visage humain. Très impressionnant !

Ces démonstrations étaient faites pour ancrer en nous l’idée que la rétine est connectée si étroitement au cortex visuel, qu’elle en fait presque partie. La vitesse de transfert des informations visuelles est considérable, et ces informations sont ensuite dispatchées vers plusieurs aires corticales qui procèdent à leur analyse très complexe en temps différé.

Tout cela contredit complètement les critiques souvent faites à propos de la brièveté d’une observation, par rapport à la richesse des informations qu’un observateur en tire. En outre, face à un chronomètre pendant 30 secondes, on constate que ce n’est pas du tout “une durée brève” mais au contraire fort longue.

Les deux témoins principaux ont eu "la plus grande peur de leur vie" au cours de cette observation, et les détails des faits sont manifestement restés gravés dans leur mémoire. Evidemment, depuis 1967, ils ont vu des hélicoptères ou des mongolfières de près, et quand on leur demande de comparer, ils se contentent de sourire en disant que cela ne leur aurait évidemment pas fait peur. Rappelons que plusieurs témoins confirment leur frayeur, et leurs yeux rouges pendant plusieurs jours à cause de la luminosité observée.


ANALYSES DIVERSES :

L’évaluation des distances, et la cohérence avec les détails rapportés :

Les témoins avaient évalué, en 1967, leur distance d’observation à 60 mètres. Ces 60 mètres étaient une estimation des témoins et non pas une mesure réelle que nous avons faite nous-mêmes au cours des reconstitutions de 1978. Pour les deux témoins, indépendamment, nous avons mesuré 71,5 et 82m.

Ces deux témoins sous-évaluent systématiquement les distances, comme la plupart des gens, la fille plus que le garçon.

En ce qui concerne les “détails” des “enfants noirs”, poils et autres, les témoins n’ont pas rapporté ces détails, et ils ont d’ailleurs protesté auprès de nous à ce sujet.

Le garçon ne donne que peu de détails, et cela est normal en raison des défauts de sa vue, même corrigée.
L'un des "enfants noirs" tenait un objet rectangulaire reflétant le soleil. Le garçon dit avoir vu ce “miroir” refléter la lumière du Soleil sur la paroi de la sphère.
La fille pense avoir vu, très brièvement, des béquilles, 3 ou 4, sous la sphère, puis plus rien.
Les bras des “enfants noirs” lui ont semblé plus fins et plus longs que les siens.
Les jambes lui ont paru fines et “trop courtes”.
Les deux témoins disent qu’ils ont vu les “pieds” du dernier personnage pénétrant dans la sphère, car il était alors plus haut que la haie, qui masquait partiellement la vue.
Ces pieds sont décrits “palmés” ou bien “courts et larges du bout”.
La tête est décrite de taille proportionnée au corps, comme la leur, mais avec un “crâne plus pointu vers le haut”.
La fille est la seule à penser avoir vu un “nez pointu”.

Aucun ne parle de poils ou de barbe, mais de deux “excroissances” en bas et de part et d’autre du visage, de la taille que pourraient avoir des “favoris” mais aucun détail n’est ajouté, car tout est décrit de couleur noire.

Les témoins ne parlent pas de combinaison, mais de couleur noire uniforme.
Pas de noir “brillant” mais de noir “soyeux”. Pantone 412.

La fille pense avoir brièvement vu une “excroissance pointue” sous le menton, de la taille d’une barbichette, mais ils insistent, ils n’ont pas vu de poils, c’était trop loin, et trop bref.

A ce titre, la résolution rétinienne étant de l’ordre d’une minute d’arc, à une distance de 80 mètres il est parfaitement possible de distinguer à l’oeil nu des détails de 30 millimètres. Probablement même 20 mm pour de jeunes enfants de cette tranche d’âge, dont la résolution rétinienne est meilleure.
Les détails rapportés sont donc cohérents avec la distance d’observation et la résolution rétinienne.


Masque constitué par la haie :

La sphère et ses occupants se trouvaient à quelques mètres derrière une haie située à 63,5 et 72 mètres des témoins.
Il s’agit d’une haie clairsemée, d’arbres rabougris. Le sol est pauvre, l’altitude est de 1042 mètres, ce n’est pas une haie dense.
La photographie précédente est parfaitement éloquente à ce propos.

J’ai deux photographies de cette haie sous les yeux : celle faite par le GEPA en 1967, et celle faite par nous-mêmes en 1978. La haie n’a pas changé. Les troncs des quelques arbres bas sont assez gros, 25 cm environ, mais les premières branches sont à 2,5 à 3 m du sol. Ces arbres sont à 5, 7, voire 10 mètres de distance les uns des autres, sans guère d’arbustes intermédiaires.

Il y a une sorte de talus ou de muret au pied, de 0,5 m de hauteur environ.

La sphère était lumineuse par elle-même au décollage, les témoins insistent sur ce point. Les “enfants noirs” étaient éclairés de deux côtés, par la sphère et par le Soleil.

Cette haie masque très peu ce qui se trouve derrière, nous l’avons vérifié. En outre les deux témoins ont observé depuis des positions distantes de 13 mètres, selon la reconstitution, ce qui permettait à l’un de voir ce qui était masqué pour l’autre. Nous avons fait un peu de trigonométrie, les directions de visées au théodolite se recoupent bien là où les témoins ont dit que la sphère se trouvait.


Cohérence entre la trace et la position mémorisée de la sphère :

Nous avons réussi à retrouver l’un des gendarmes qui ont enquêté le jour même de l’observation, cinq heures après les faits, ce qui est un exploit.
Personne n’avait questionné ce gendarme avant nous, selon ses déclarations.

La trace observée par ce gendarme le 29 Août 1967 a été positionnée, de mémoire, onze ans plus tard, sur place, par le gendarme lui-même.
Elle est du bon côté de la haie.
Le centre de cet emplacement se trouve à moins de 10 mètres de l’emplacement indiqué par les témoins au moyen d’un théodolite d’une part, et en envoyant deux enquêteurs se placer sur les lieux, de part et d’autre de la sphère mémorisée, selon les indications des témoins à distance, depuis le point de leur observation.
Pour les deux témoins, les deux méthodes placent les centres des emplacements ainsi reconstitués pour la sphère, au même endroit, à moins d’un mètre près pour chacune des deux méthodes.
Et à 2,4 mètre l’un de l’autre pour les deux observateurs.
A 82 mètres de distance, cela correspond à un écart angulaire de 1,7 degrés.

Fait plus étonnant, la position indiquée par le gendarme est dans le même azimut à 2,8 degrés près, pour le garçon, et 5,7 degrés près pour la fille.

Évidemment, ces reconstitutions ont été faites avec un seul témoin à la fois, les autres étant consignés à la Mairie, à 800 mètres de distance, sous la surveillance de l’un d’entre nous, qui avait sa propre enquête à mener.

La trace d’herbe jaunie avait 4 à 5 mètres de diamètre selon le gendarme, elle était peu contrastée, selon les références Pantone.
Le Père et le garçon sont venus avec les gendarmes l’après midi, vers 16 heures, et n’ont pas vu la trace.
Le gendarme affirme l’avoir mieux vue les jours suivants, au cours des rondes habituelles.

Je signale que si l’on chauffe un sol revêtu d’herbe, pour le dessécher sans le brûler, l’herbe ne jaunit pas immédiatement, mais seulement quelques jours plus tard.

Selon le Maire, le Garde champêtre et le Gendarme, il n’y avait strictement rien à cet emplacement qui justifie cette trace. Ce sont de petites pâtures maigres, sans abreuvoirs, ni meules de foin, et les vaches sont rentrées chaque jour. Nous avons scruté de près toute cette pâture se trouvant derrière la haie, là où se trouvait la sphère, sans remarquer quoi que ce soit de particulier qui la distingue des autre pâtures.


Pourquoi le Maire a-t-il aussitôt prévenu les Gendarmes ?

Le Maire d’une commune est tenu par la loi d’avertir les autorités compétentes si un aéronef non autorisé se pose sur le territoire de son village.
Le canal de transmission normal est Maire --> Gendarmerie --> Police de l’air et des frontières --> éventuellement DGAC.

C’est OBLIGATOIRE, et chacun peut comprendre pourquoi.

Exemple : quand j’avais 17 ans, j’ai passé l’épreuve de distance (50 km) du brevet “D” de pilote de planeur, mais les conditions aérologiques ont changé brusquement en cours de journée, donc j’ai dû poser mon planeur dans un champ de betteraves bien dégagé, heureusement à 51 km du point de départ. Un représentant des autorités aéronautiques régionales est arrivé le jour même et a contrôlé que j’avais bien l’autorisation adéquate.
Il n’est pas permis de faire n’importe quoi.

Tous les pilotes savent qu’il est INTERDIT de se poser en campagne, sauf autorisation spéciale. L’altitude minimale de survol de telle ou telle partie du territoire est la base même de l’enseignement réglementaire imposé aux pilotes.
Ils risquent tout simplement le retrait immédiat de leur licence de vol.

Donc le “mythe des pilotes d’hélicoptère pissant à-qui-mieux-mieux sur les haies Françaises” largement commenté sur internet est parfaitement dérisoire. La vessie d’un homme certifié médicalement apte au pilotage possède une autonomie supérieure à celle d’un hélicoptère.
En 45 ans d’expérience de pilotage, c’est une aventure que je n’ai jamais connue ni entendue raconter. Seuls les planeurs en vol d’endurance et les longs courriers ont à traiter de ce problème, et tout est prévu à cet effet.


Le son comparé à celui d’un hélicoptère :

Le garçon indique un mélange de sifflement et de souffle. La fille et le garde champêtre, un sifflement “doux”.
Ce n’est pas le son émis par un hélicoptère.

Un hélicoptère, en descente, à plus de 1042 mètres d’altitude, est très bruyant, car la densité plus faible de l’air (-11%) impose une incidence des pales beaucoup plus importante qu’au niveau de la mer, d’où un “flapping” considérable. Cet anglicisme exprime parfaitement le son émis, qui s’entend à des kilomètres à la ronde. En effet, au cours de cette trajectoire le bout de la pale avançante frôle le “régime sonique”, avec onde de choc associée. Le bruit est absolument considérable.

La durée du son, pour le Garde Champêtre est de 10 à 12 secondes.
Pour le garçon, elle est de 8 à 14 secondes.
Pour la fille elle est de 14 à 16 secondes.

Donc, il est hautement improbable qu’il s’agisse du son produit par un hélicoptère. En effet, pendant une telle durée, un hélicoptère, à sa vitesse de croisière, franchirait environ 300 à 600 mètres. A fortiori, il franchirait une distance beaucoup plus courte encore en approche ou bien au cours d’un décollage.

A la différence des voitures, et des tracteurs, les moteurs d’hélicoptères ne peuvent pas comporter de silencieux, c’est trop lourd. En outre, pour un moteur à explosion ou à turbine d’hélicoptère, il faut au minimum une puissance de 100 chevaux (CV) (soit 74kW) par personne embarquée. Pour quatre personnes, cela fait 400 CV (295kW). Un moteur de cette puissance, en échappement libre, cela s’entend très très loin, et l’on n’entend pas “une sorte de sifflement doux” pendant une dizaine de secondes, mais un “vraoumbrissement” de plusieurs minutes. Sans parler du bruit du rotor !

Le diagramme de bruit d’un hélicoptère présente en général un maximum vers l’avant à cause de l’effet de la “pale avançante”, celle qui s’avance contre le “vent relatif”. Sa vitesse relative est plus grande donc sa traînée et son bruit plus importants. Ce maximum est néanmoins peu marqué, car un hélicoptère fait beaucoup de bruit dans toutes les directions. La vitesse de l’extrémité de la pale avançante est presque sonique, avec l’onde de choc associée.

Ces jours-ci, je marchais près du vieux port de La Rochelle, et un hélicoptère de la protection civile survolait la ville à l’altitude réglementaire, en faisant lentement le tour du vieux port. J’ai non seulement entendu son vacarme, mais constaté que tous les passants sans exception, partout autour du port, des milliers de personnes, avaient le cou tendu vers le haut et regardaient cet engin bruyant.

Un son, c’est la propagation, à 340 m/s, de faibles modifications locales périodiques de la pression statique. Un hélicoptère possède un rotor qui tourne à quelques centaines de tours par minute. Donc à quelques hertz, moins de 10 hertz. La longueur d’onde du son d’un rotor est donc de l’ordre de quelques dizaines de mètres, plus de 30 mètres. Il est donc hors de question que puisse se produire un effet de diffraction qui “coupe le son” avec un muret de moins d’un mètre de hauteur, des oreilles de témoins à 20 cm du haut dudit muret, et un son de plus de 30 mètres de longueur d’onde. Les fréquences basses sont très difficiles à éliminer à cause de ce fait. Donc, si hélicoptère il y avait eu à Cussac, les témoins n’auraient pu manquer de l’entendre arriver, et tout le village avec eux.

A ce propos, de rares critiques supposent que les deux témoins, pris par leur jeu, n’auraient pas entendu un hélicoptère arriver. Cette hypothèse ne tient pas debout, des gosses de 9 et 14 ans, jouant aux cartes dans un pré lèveraient évidemment la tête pour essayer de voir un hélicoptère qui s’entend à des kilomètres, eux qui sont, selon ces critiques, incapables de reconnaître des gendarmes montant dans un Bell 47 qu’ils confondent avec une sphère de 5 mètres de diamètre.

Et les vaches, faut-il les oublier ? Ou bien broutaient-elles dans un état second ? Car ce sont bien les vaches qui, en se sauvant dans la direction opposée à la sphère, ont alerté les témoins. Le garçon s’est levé aussitôt pour les empêcher d’aller dans cette direction, et c’est en se retournant qu’il a aperçu la scène. Voilà des témoins qu’un mouvement des vaches “réveille” mais pas le bruit d’un hélicoptère de 400 CV à 80 m de distance? Quelles calembredaines !!!

Pour les témoins, le troupeau était banal. Jouer aux cartes était également banal. Mais l'arrivée d'un hélicoptère dans ce village isolé n'aurait vraiment pas constitué un évènement banal. Cette hypothèse psychologique d'effacement inconscient du bruit d'un hélicoptère n'est pas acceptable. Les témoins sont formels, il n'ont perçu aucun bruit.


La luminosité de la sphère :

La boule n’était pas l’objet d’une réflexion spéculaire pendant qu’elle était au sol. Ce point a été longuement discuté avec les témoins. Elle était alors blanche, mate, éclairée par le Soleil, Pantone 441 pour le garçon, et plutôt “argent bleuté” pour la fille.

C’est seulement au moment du décollage qu’elle se met à rayonner de la lumière blanche sur toute sa surface, lumière décrite comme devenant de plus en plus puissante au fur et à mesure que la sphère s’élève, “jusqu’à devenir aussi lumineuse que le Soleil à Midi”.
Le garçon aura “les yeux rouges” et larmoyants après l’observation, confirment ses parents.
La fille dit que cela “lui a fait mal au yeux”.

Selon les témoins, la luminosité propre de la sphère et sa taille angulaire croissent simultanément pendant cette montée, mais la lumière est très éblouissante, donc son diamètre apparent est sujet à une erreur d’appréciation.

Selon le garçon, la sphère a disparu dans l’azimut 297°, et l’élévation 18,7°.
Pour la fille, le théodolite indique 289° et 21°.
Soit un écart de 8° en azimut et 2,3° en élévation.

Le Plomb du Cantal n’est pas exactement dans la direction de départ de la sphère rapportée par les témoins à l’aide du théodolite. En fait, il n’y a pas de repères marquants, dans l’environnement, pour permettre aux témoins de fixer cette direction de départ.

L’éloignement est observé dans l’azimut moyen 293°, ce n’est pas, un 29 Août, à cette heure là, “à l’opposé du Soleil”. Le Soleil était dans l’azimut 129°, à une élévation de 43,6°. Cela place le Soleil à 164° de la direction de départ en azimut et 116° en élévation.

Au cours de chaque enquête, nous emportions la carte du ciel, calculée au CNES, pour le lieu et l’heure de l’observation, indiquant la position du Soleil, de la Lune, et des planètes.

A noter que si la sphère reflétait la lumière du Soleil, la luminosité du reflet aurait dû diminuer pendant l’éloignement, et non pas augmenter.
Pour une sphère éclairée par le Soleil, le flux lumineux reçu par les témoins devrait varier comme le carré de l’inverse de la distance sphère / témoins. A une distance de 300 mètres, l’éclairement aurait dû être 14 fois plus faible qu’à 80 m, donc pas assez fort pour que les témoins soient éblouis.

Un pare brise sphérique en Plexiglas d’hélicoptère réfléchit la lumière. Quelques %, selon les lois de l’optique, mais, parce qu’il est sphérique, l’optique dit aussi que ces quelques % de lumière réfléchie sont répartis dans la presque totalité des 4π stéradians.

Cela ne fait pas un flux lumineux réfléchi bien important reçu par la pupille des témoins à 80 m de distance.
Ce flux se calcule d’ailleurs très aisément, il est d’environ un dix milliardième du flux réfléchi. Aucun risque d’éblouissement par conséquent.
Pourtant les témoins sont formels à propos de l’éblouissement, et leurs parents confirment leurs yeux rouges.
Les lois de l’optique ne doivent pas être ignorées quand on analyse une observation visuelle.


L’HYPOTHÈSE DE L’HÉLICOPTÈRE :

Nous allons constater qu’il n’est pas nécessaire, pour des enquêteurs compétents en ingénierie aéronautique, comme il en existait au GEPAN, en 1978, de compulser d’improbables archives de vols d’hélicoptères le 29 Août 1967, pour effectuer une vérification détaillée de cette hypothèse sans quitter leur bureau.

Examinons en effet, sur le papier, divers aspects de l’hypothèse d’un hélicoptère embarquant quatre personnes derrière la haie de Cussac.

En 1967, deux machines sont effectivement les seules disponibles à cette époque : le BELL 47 et l’Alouette II.


L’éblouissement des témoins :

Voici une image qui en dit plus qu’un long discours. Il s’agit d’un Bell 47 en vol stationnaire près du sol, photographié de face, à une douzaine de mètres de distance, un jour de plein soleil.

Bell 47 de face

Chacun peut constater, comme je l’ai écrit et expliqué précédemment grâce aux lois de l’optique, que le reflet du Soleil au centre de la verrière en Plexiglas n’est pas éblouissant. A fortiori, cela aurait été le cas à 80 mètres de distance et davantage, à Cussac.
Or les deux témoins eux-mêmes et leurs parents confirment qu’ils ont eu les yeux rouges et douloureux dès après leur observation, et ce pendant plusieurs jours, du fait que la sphère est décrite par eux comme “aussi lumineuse que le soleil à midi”, et émettant cette lumière sur toute sa surface de 4 à 5 mètres de diamètre.

En voici un autre exemple, avec un Bell 47 stationnant au sol :

Bell 47 de profil

Cette fois, la bulle et l’habitacle sont vus de profil, toujours en plein soleil, sans éblouir davantage. Par conséquent, il est parfaitement clair qu’il n’est pas possible d’expliquer l’éblouissement des témoins par le reflet de la lumière solaire sur un habitacle d’hélicoptère situé à plus de 80 mètres de distance des témoins.


La taille de la sphère :

Les deux photographies précédentes montrent que la bulle d’un hélicoptère Bell 47 est presque sphérique vue de face ou de profil, mais aussi que l’on ne peut pas manquer d’observer le rotor et les deux passagers.
Quand un hélicoptère se présente de profil, la taille de la mécanique située derrière l’habitacle est du même ordre de grandeur que celle de la bulle transparente et ne peut pas non plus faire illusion.

La hauteur hors tout de cette machine, depuis le sol jusqu’au sommet du rotor, est de 2m80, et c’est d’ailleurs la même hauteur pour une Alouette II. Par conséquent, il est très facile de constater que la partie sphérique de l’habitacle possède un diamètre de 1m70. C’est-à-dire un diamètre de l’ordre de la taille d’un passager humain.

Or, la reconstitution de la taille de la sphère de Cussac et de ses quatre occupants, réalisée de plusieurs manières différentes, a fourni les résultats moyens, peu dispersés, suivants : diamètre de la sphère 4 à 5 mètres, taille des quatre passagers “enfants noirs” environ un quart du diamètre de la sphère.

Il faut rappeler aussi que la sphère et les “enfants noirs” se trouvaient, pour les observateurs, situés juste derrière une haie clairsemée, constituant un repère naturel permettant une estimation comparative des tailles, par rapport à la taille des arbres ou leur écartement. Cela justifie la faible dispersion des reconstitutions faites, indépendamment, par les deux témoins. Ces circonstances sont “idéales” pour mémoriser et reconstituer des dimensions relatives a posteriori.

On constate donc qu’il y a une incompatibilité entre la taille relative des passagers et de la sphère pour accepter l’hypothèse d’un hélicoptère. Confondre une taille relative d’un quart de diamètre avec un diamètre entier est fort peu vraisemblable.


Le décollage de la sphère avec quatre passagers, masse correspondante :

Les deux témoins sont formels, il y avait quatre passagers, qui ont embarqué dans la sphère, laquelle a décollé aussitôt et elle était même en train de s’élever au-dessus du sommet des arbres quand le quatrième passager est entré dans cette sphère par son sommet.

Supposons qu’il s’agisse de quatre humains revêtus d’une combinaison uniformément noire, embarquant dans un hélicoptère. La masse de charge utile constituée par ces quatre passagers serait alors de l’ordre de 320 kg sans équipement et 400 kg avec un “équipement de plongée sous marine”, hypothèse faite sur internet.

Mais il faudrait que, pour un hélicoptère, le pilote soit resté aux commandes, moteur en marche et rotor au régime de décollage pour permettre un décollage immédiat, rapporté par les témoins.
Cela correspondrait donc à 5 occupants, soit 400 kg minimum, ou 480 Kg avec un pilote et 4 plongeurs équipés.


Un peu d’aérodynamique théorique élémentaire s’impose :

Le lieu d’observation est situé à une altitude de 1042 mètres au-dessus du niveau de la mer, un point important à signaler pour un hélicoptère.
En effet, la force portante d’une telle machine est assurée par le comportement aérodynamique de son rotor.

En écoulement laminaire, la portance d’un profil aérodynamique (coupe transversale) de pale de rotor est proportionnelle à quatre grandeurs : Rô, Cz, S et V2. De quoi s’agit-il ?

En premier lieu la force portante est proportionnelle à la masse spécifique locale de l’atmosphère Rô, exprimée en kg par mètre cube d’air. Plus l’air est raréfié, en altitude, et plus la force portante diminue. A l’altitude de 1042 mètres, la masse spécifique de l’air atmosphérique est réduite de 11% par rapport à celle qui existe au niveau de la mer, dans les conditions normales de pression et de température.

En Août 1967, à Cussac, par beau temps, et température plus élevée que la moyenne annuelle, donc par conditions anticycloniques d’été, la diminution de masse spécifique pouvait parfaitement être supérieure à 11%.
Mais utilisons cette densité théorique “standard” faute de connaître sa valeur réelle.

En second lieu, la force portante est proportionnelle à la surface S du profil aérodynamique des pales du rotor (donc à la largeur de pale et sa longueur). Mais la puissance nécessaire à l’entraînement du rotor est également proportionnelle à cette surface S, donc il existe une méthode complexe d’optimisation des rotors permettant d’obtenir la plus grande portance possible, pour une puissance donnée du moteur d’entraînement.

Ce sont les moteurs existants qui dictent en fait la portance possible des rotors des hélicoptères.

Le développement d’un moteur nouveau, certifié pour l’aéronautique, est en effet d’une difficulté et d’un coût incomparablement supérieurs à la difficulté et au coût de développement d’un nouveau rotor.
Et pourtant, réaliser un nouveau rotor fiable et certifié n’est pas une mince affaire !

Les performances des hélicoptères s’améliorent un peu par des gains de masse sur des sous ensembles, elles s’améliorent par contre beaucoup par la mise en place d’un nouveau moteur et d’un nouveau rotor. Mais c’est alors une nouvelle machine.

Ainsi, en 1967, les hélicoptères à moteur à explosion n’avaient pas d’autre choix que deux moteurs certifiés : Lycoming VO435, de 265 chevaux (Cv) soit 195 kilowatts (kW), ou bien encore le moteur Franklin de 220 Cv (162 kW), de moindre fiabilité.
Aucun moteur à explosion, certifié pour hélicoptère, de 400 Cv, n’existait sur le marché.

Nous allons d’ailleurs en déduire, plus loin, que la version 4 places du Bell 47 ne pouvait en aucune manière exister, précisément pour cette raison, car il faut un moteur de 110 à 130 Cv par personne embarquée.

En ce qui concerne les turbines aéronautiques, elles sont considérablement plus légères et plus fiables que les moteurs à explosion.

En 1967 l’Alouette II / SA313 utilisait le moteur Turboméca Artouste II de 360 Cv (265 kW) qui sera poussé jusqu’à 400 Cv.

Ce n’est qu’un an plus tard (en 1968) que le moteur Astazou II de 530 Cv sera certifié pour l’Alouette II / SA318, avec un rotor différent. Mais cela ne peut s’appliquer à Cussac, en 1967.

En troisième lieu, la force portante d’un rotor d’hélicoptère est proportionnelle au “coefficient de portance” Cz du profil aérodynamique, lui-même dépendant de l’angle d’incidence des filets d’air par rapport à la corde du profil. C’est en faisant varier cet angle par le levier horizontal de “pas collectif”, situé latéralement à sa main gauche, que le pilote peut augmenter ou réduire la portance.
Mais il existe une limite supérieure naturelle à la valeur de Cz, pour une incidence de l’ordre de +20 à +25 degrés : à cause du décrochage des filets d’air de la surface du profil, phénomène qui transforme brutalement l’écoulement laminaire de l’air en écoulement turbulent, en faisant s’écrouler brusquement la valeur de Cz et, bien évidemment la portance.

Ainsi, chaque rotor d’hélicoptère possède-t-il une limite supérieure de la force portante qu’il peut produire.

En quatrième lieu, la force portante d’un rotor d’hélicoptère est proportionnelle au carré de la vitesse relative V de l’air par rapport au profil aérodynamique. D’où le terme V2. Cette vitesse relative V est égale à la vitesse périphérique de chaque partie du rotor à laquelle il faut ajouter ou soustraire la vitesse propre de l’ensemble de l’hélicoptère par rapport à l’atmosphère environnante.

Ce fait amène plusieurs remarques. Tout d’abord, la vitesse périphérique étant maximale en bout de pales, un rotor d’hélicoptère produit surtout sa portance en extrémité de pales. En outre, la vitesse relative de l’air est maximale pour la pale “avançante”, c’est-à-dire celle qui se déplace dans le même sens que la machine. La portance de la pale avançante serait donc beaucoup plus grande que celle de la pale “reculante” s’il n’y avait pas de variation cyclique du pas sur un tour de rotor afin de rendre la portance symétrique.

Ce pas cyclique est commandé par le pilote au moyen du manche central, dit “de pas cyclique”.
Ainsi ses deux mains sont occupées par le pilotage du rotor.
Ses pieds sont occupés par le pilotage du rotor anti couple arrière.

Mais la vitesse V de la pale du rotor par rapport à l’air ne peut pas être aussi grande que l’on veut. En effet, la portance est due à une différence de pression entre “l’intrados” et “l’extrados” du profil aérodynamique (le dessous et le dessus). La création de cette différence de pression n’est possible que si l’écoulement de l’air est “laminaire” autour du profil de pale.

L’écoulement de l’air n’est laminaire que si les variations de pression peuvent se propager, dans l’air, vers l’avant du profil. Précisément il existe une limite naturelle à la vitesse de propagation des variations de pression dans l’air. Cette limite naturelle est la vitesse du son. Quand la vitesse relative V d’une extrémité de pale atteint ou dépasse la vitesse du son, l’écoulement n’est plus laminaire, la portance est fortement réduite, et la puissance nécessaire à l’entraînement du rotor augmente considérablement.

Ce phénomène naturel limite le diamètre du rotor et sa vitesse de rotation, ainsi que la vitesse de translation de l’hélicoptère.

Chaque rotor possède donc sa portance maximum possible au niveau de la mer (charge maximum) et chaque hélicoptère possède sa vitesse de translation "Vne" à ne jamais dépasser. En franglais, les pilotes l'appellent Vne ... où le "ne" signifie "never exceed",.


Le décollage d’un BELL 47 de Cussac :

Ainsi, le Bell 47 type G2, immatriculé F.BUIG, en 1975, possèdait un moteur Lycoming de 265 Cv, un rotor de 11m32 de diamètre et une portance maximale, à pleine puissance, de 10791 Newton au niveau de la mer. Sa vitesse de croisière, au niveau de la mer, était de 70 nœuds (130 km/h) et sa Vne était de 87 nœuds (160 km/h). Sa masse à vide était de 790 kg.

Au niveau de la mer, le rotor de cet hélicoptère, à pleine puissance, pouvait donc soulever au maximum 1100 kg tout compris.

A l’altitude de Cussac, cette masse maximale de décollage serait réduite de 11% à cause de la densité atmosphérique de l’air à cette altitude. Soit une masse maximum "décollable" de 979 Kg à Cussac.

La masse à vide de cette machine étant de 790 kg, la charge totale embarquable pour un décollage de Cussac est donc égale à :

979 - 790 = 189 Kg.

Soit 2 hommes de 80 kg chacun (160 kg) et 29 kg d’essence.

Au delà, le décollage serait impossible, un fait que tous les pilotes et tous les ingénieurs de l’aéronautique savent parfaitement, sans avoir à faire le calcul à chaque fois. Le pilote dispose d’abaques.

La consommation du moteur Lycoming du Bell 47, à pleine puissance, est de l’ordre de 75 litres par heure (59 kg), donc l’autonomie du Bell 47 décollant de Cussac avec deux hommes à bord ne serait que de 25 minutes, soit 54 km avant la panne sèche.

Par conséquent, un Bell 47 ne saurait embarquer 4 personnes, y compris au niveau de la mer, et, décollant de Cussac avec seulement deux personnes à bord, ne saurait aller jusqu’à Limoges comme le croit naïvement un critique sur internet.

Donc, il est totalement exclu que les témoins aient pu observer un hélicoptère Bell 47 embarquer 4 personnes à Cussac le 29 Août 1967.


Le décollage d’un hélicoptère Alouette II de Cussac :

L’ Alouette II type SA313, de 1967, possédait un moteur Artouste II C de 400 Cv, un rotor de 10m20 de diamètre et une portance maximale, à pleine puissance, de 15696 Newton au niveau de la mer. Sa vitesse de croisière, au niveau de la mer, est de 80 nœuds (148 km/h) et sa Vne est de 105 nœuds (194 km/h). Sa masse à vide est de 890 kg.
Et ce n’est pas vraiment une sphère !

alouette II

Au niveau de la mer, le rotor de cet hélicoptère, à pleine puissance, pouvait soulever au maximum 1600 kg tout compris. A l’altitude de Cussac, cette masse maximale de décollage serait réduite de 11% à cause de la densité atmosphérique de l’air à cette altitude. Soit une masse maximum "décollable" de 1424 Kg à Cussac.

La masse à vide de cette machine étant de 890 kg, la charge totale embarquable pour un décollage de Cussac est donc égale à :

1424 - 890 = 534 Kg

Soit 4 hommes, sans équipement, de 80 kg chacun (320 kg) et 214 kg de kérosène.
Ou bien 4 hommes, avec équipement, de 100 kg chacun (400 kg) et 134 kg de kérosène.
Ou bien 5 hommes, sans équipement, de 80 kg chacun (400 kg), dont un pilote restant aux commandes (afin d’assurer le décollage immédiat observé), et 134 kg de kérosène.

Avec une masse en charge plus importante, le décollage serait impossible.

En particulier, avec un pilote aux commandes laissant tourner le rotor, et quatre plongeurs équipés soit au total 480 Kg, cela ne laisserait que 50 Kg de kérosène.

La consommation du moteur Artouste IIC, à pleine puissance, était de l’ordre de 160 litres par heure (128 kg).

Donc l’autonomie d’une Alouette II, décollant de Cussac, serait de :
1 heure 40 minutes pour 4 personnes non équipées
de 62 minutes pour 4 personnes équipées
et de 25 minutes pour un pilote et 4 plongeurs équipés

soit respectivement 246 km, 160 et 60 km avant la panne sèche totale.

Seule la première option serait compatible avec un atterrissage sur un aérodrome disposant de kérosène en 1967, mais elle impliquerait obligatoirement un pilote lui aussi habillé en combinaison de plongée, qui devrait obligatoirement arrêter le moteur et le rotor avant de pouvoir débarquer. Il y a en effet un risque majeur, quasi systématique, de retournement d’un hélicoptère laissé libre, sans pilote, avec un rotor tournant.

Le pilote “déguisé en plongeur”, devrait ensuite pouvoir redémarrer la turbine, l’amener à plein régime, et décoller l’Alouette II, le tout en moins de 10 secondes, ce qui est totalement impossible.

Par conséquent, une Alouette II ne saurait embarquer un pilote prêt à décoller et 4 personnes, à Cussac, puis aller jusqu’à Limoges-Feytiat, pour se ravitailler en kérosène comme le croit un critique internet.

Donc, il est exclu que les témoins aient pu observer un hélicoptère Alouette II embarquer 4 plongeurs, et partir précipitamment, à Cussac, le 29 Août 1967.


La durée de l’éloignement d’un hélicoptère, pour des témoins :

La résolution angulaire de l’oeil humain est de l’ordre d’une minute d’arc.
Par conséquent on peut observer, dans le ciel, un objet contrasté s’éloigner jusqu’à une distance de l’ordre de 3000 fois sa plus grande dimension.
Pour un hélicoptère, la partie observable, vue de l’arrière de la machine, est au strict minimum de l’ordre de 2 mètres de diamètre. Par conséquent les témoins auraient pu l’observer, et l’entendre fort bien, jusqu’à une distance de l’ordre de 6 kilomètres.

Le Bell 47 possède une vitesse de croisière de l’ordre de 130 km/h et l’Alouette II de 148 km/h. La distance de 6 kilomètres serait franchie en 3 minutes par un Bell 47 et 2 minutes 1/2 par une Alouette II.

Ces durées ne tiennent toutefois pas compte du temps nécessaire à la mise en route et au décollage d’un hélicoptère, qui sont de plusieurs minutes également.

Ces durées sont considérablement supérieures à la dizaine de secondes rapportée par les deux témoins et confirmée par la durée du son perçu par le garde champêtre.

A noter également que les témoins ont observé le départ de la sphère en plein ciel et non pas derrière des obstacles naturels.

Donc, il est exclu, à cause de la durée d’observation et de la durée du son confirmée par un autre témoin, que les témoins aient pu observer le décollage et l’éloignement d’un hélicoptère , à Cussac, le 29 Août 1967.

Comportement dynamique de la sphère :

Enfin, l’accélération centrifuge de départ de la sphère, reconstituée avec l’aide des témoins, est totalement incompatible avec les caractéristiques de vol d’un hélicoptère. Mais nous en reparlerons plus loin.


Incohérences multiples de comportement des occupants s'il s'agissait d'un hélicoptère :

Dès que les témoins se manifestent, les quatre “enfants noirs” se précipitent dans la sphère qui décolle et disparaît à grande vitesse.

L’ensemble de cette phase de l’observation se déroule en moins de 15 secondes.

Outre l’impossibilité, pour un hélicoptère, de se conformer à ce “timing”, le comportement des quatre passagers serait pour le moins étrange, face à deux enfants gardant un troupeau de bovins.

Peut-on attribuer un tel comportement à des passagers humains d’un hélicoptère, même supposés en mal de vessie, derrière une haie du Cantal ?

En supposant même qu’il s’agisse d’un hélicoptère de l’Armée de Terre ou de la Gendarmerie, pourrait-on considérer comme cohérent la présence à bord de quatre hommes grenouille en combinaison de plongée entièrement noire...

Selon ce que j'ai lu sur internet, pris simultanément d’une incoercible envie, ils s’arrêteraient “pisser” à l’orée d’un village, à quelques mètres d’une haie, au risque d’exploser le rotor, au bord d’une départementale, au risque de se trouver à la vue de tout un chacun... Mais se sauveraient immédiatement, effrayés par la présence de deux gosses bergers. C'est incohérent.

La météo Nationale dit “vent faible, < 3 m/s, ou nul”.

Pour que le Garde Champêtre, à 500 mètres de distance, sente l’odeur, lui aussi, il fallait que le “faible vent” vienne du secteur OUEST, donc de la haie.

Si l’hélicoptère était arrivé “contre le vent”, comme cela est la procédure normale, il serait arrivé face aux enfants qui étaient adossés à un muret en faisant face au secteur EST. Dans ce cas il aurait survolé le village.

S’il arrivait de la direction opposée, avec le vent dans le dos, alors il risquait de se “crasher” contre la haie.

On ne pose jamais un hélicoptère vent dans le dos, et surtout à moins de 10 mètres d’une haie avec un vent qui porte vers ladite haie. Un hélicoptère possède un rotor de très grand diamètre (10 à 12 mètres), qui tourne à grande vitesse. Le moindre choc d’une pale contre la végétation et c’est l’explosion du rotor, et généralement la mort des occupants, même très près du sol.
Les pilotes savent tous cela.

Bien que l’hypothèse d’un arrêt pipi en hélicoptère soit désopilante, un tel comportement serait totalement incohérent à de multiples points de vue, c’est évident.

Dans le “manuel du pilote”, on peut lire, dans la rubrique atterrissage forcé : Ne redécoller sous aucun prétexte, le bon sens et la réglementation dictent de ne pas risquer cette tentative, jusqu’à ce que le chef du district aéronautique, pour le compte du Préfet, autorise le décollage. Avertir au plus tôt la gendarmerie la plus proche, ou la Mairie, et le chef du district concerné. Les conditions dans lesquelles sont accordées des autorisations à caractère temporaire, d’utiliser des aérodromes spéciaux, sont précisées par instruction ministérielle”.

Je signale qu’un retrait de licence de vol, pour un pilote professionnel, signifie se retrouver au chômage.
Un “pipi” très coûteux, somme toute !

Je signale en outre qu’un 29 Août 1967, le petit nombre d’hélicoptères disponibles dont dispose la Gendarmerie se trouve à proximité des routes nationales pour récupérer les accidentés de la route, ou sur les plages, pour récupérer les plaisanciers en perdition, ou en montagne pour redescendre les éclopés. Pas à Cussac pour faire peur aux bovins et aux gamins.

Un pilote d’hélicoptère a toujours un casque sur la tête, avec un micro et des écouteurs, pour discuter avec le contrôle aérien à la radio, malgré le vacarme du moteur et des rotors interdisant toute conversation !
Il a du s’en poser des questions, le contrôleur aérien, quand il a vu l’hélicoptère disparaître de son écran, sans prévenir, pour cause d’urgence, mais il a l’habitude de “fermer les yeux” quand il faut, il y a si peu de risques de collision un 29 août !

Cette hypothèse de l’hélicoptère présente tant d’incohérences internes, même si l’on n’est pas un ingénieur aéronautique, qu’il est véritablement révélateur, psychologiquement, qu’elle puisse continuer à être émise.


DES HYPOTHÈSES NON VÉRIFIÉES :

On pourrait aussi imaginer l’incartade de quatre jeunes nones africaines en montgolfière chauffée au soufre.
Ou bien quatre plongeurs ayant volé l’hélicoptère de la Gendarmerie pour faire “un casse” à Cussac.
A moins que Zeus et Aphrodite ne soient finalement venus fêter incognito les noces d’Eros et de Psyché... derrière la haie de Cussac. En somme, quasiment des compatriotes de l’initiateur de la zetetique !
J’avoue humblement que nous n’avons pas cherché à vérifier ces hypothèses, mais nous avons quand même fait un peu de physique.


QUE NOUS APPREND LA PHYSIQUE ?

On n’escamote pas la moitié des faits pour analyser une observation. Toute l’argumentation que j'ai lue sur internet, qui conduit à l’hypothèse du “quarteron pisseur héliporté de plongeurs de la gendarmerie” se base sur les 15 premières secondes d’une observation qui a duré 30 secondes.

Il est vrai qu’il faut faire un peu de physique pour y voir clair .

Calcul de la vitesse de la sphère en fin d’observation (dernier tour de spirale) :

Vitesse = π fois le diamètre, divisé par le temps mis pour faire un tour de spirale.

— Selon le garçon : trajectoire circulaire de 75 à 120 m de diamètre, parcourue en 0,2 ou 0,3 seconde, soit 780 à 1880 m/s ou bien Mach 2 à Mach 5, sans bang sonique. Pour 1 tour par seconde on obtiendrait 230 à 370 m/s soit Mach 0,6 à Mach 1.

— Selon la fille : trajectoire circulaire de 30 à 45 m de diamètre, parcourue en 1 seconde, soit 94 à 140 m/s ou bien Mach 0,25 à Mach 0,4.

Mais la fille sous évalue les distances beaucoup plus que son frère. La vitesse pourrait donc être Mach 0,4 à 1.

Dans les deux cas, il ne s’agit ni de trajectoires, ni de vitesses de décollage de véhicules ou d’engins connus.
En particulier, ce domaine de vitesse est inaccessible à un hélicoptère de 1967.
Le faible bruit perçu est incompatible avec la vitesse pour une aérodynamique classique.


Calcul de l’accélération centrifuge en fin d’observation :

On sait que : accélération centrifuge = carré de la vitesse divisé par le rayon de virage.

— Selon le garçon : trajectoire circulaire de 75 à 120 m de diamètre, parcourue en 0,2 ou 0,3 seconde, soit une accélération centrifuge de l’ordre de 1600 à 6000 g . Cette monstrueuse accélération est associée à la très forte vitesse angulaire rapportée, qui fut cependant de très brève durée, donc sujette à caution.
Pour une vitesse de 1 tour de spirale par seconde on obtiendrait 150 à 240 g .

— Selon la fille : trajectoire circulaire de 30 à 45 m de diamètre, en 1 seconde, soit 60 à 90 g.
Mais la fille sous évalue les distances beaucoup plus que son frère. L’accélération pourrait donc être de 120 à 190 g.

Mais, dans les deux cas, il s’agit là d’accélérations de décollage qui ne correspondent à aucun engin connu.
Un hélicoptère serait réduit en pièces détachées, et ses matériaux broyés.

NB ; il faudrait que la durée de parcours de chaque tour de la spirale soit accrue d’un facteur 30 à 100 pour obtenir des accélérations compatibles avec des aéronefs, mais toujours pas celles des hélicoptères !
Cependant, la vitesse serait alors incompatible avec lesdits aéronefs, hélicoptères inclus.


Calcul de l’énergie cinétique en fin d’observation :

Par définition, énergie cinétique = 1/2 de la masse multipliée par le carré de la vitesse.

— Selon le garçon : 780 à 1880 m/s soit 300 000 à 1 760 000 joules par kg de matière.
pour un tour de spirale par seconde on obtient 28000 à 71000 J / kg .

— Selon la fille : 94 à 140 m/s soit 4400 à 9800 joules par kg de matière.
Mais la fille sous-évalue les distances beaucoup plus que son frère . L’énergie cinétique pourrait être deux fois supérieure : 8800 à 19600 J / kg.

Mais dans les deux cas, il s’agit d’énergies tout-à-fait considérables.
Elles sont à multiplier par la masse de la sphère, occupants inclus.
Un véhicule sphérique de cette taille pourrait avoir une masse de plusieurs tonnes en technologie aéronautique classique.


Calcul de la puissance mécanique en fin d’observation :

Elle se déduit immédiatement de l’énergie cinétique, car 1 Watt = 1 Joule par seconde.

— Selon le garçon : 300 kW à 1,76 MW par kg de matière. Ou, à 1 t/s, 28 à 71 KW / kg.

— Selon la fille : 4,4 kW à 9,8 KW par kg de matière.

Mais la fille sous-évalue les distances beaucoup plus que son frère .
La puissance pourrait être deux fois supérieure : 9 à 20 kW / kg.

Ces puissances sont à multiplier par la masse de la sphère, occupants inclus.

Un véhicule sphérique d’une tonne aurait une puissance de 6000 “chevaux” (CV) à 13000 CV par tonne, pour la fille, dans l’hypothèse “basse”,
et 38000 CV à 96000 CV par tonne, pour le garçon, également dans l’hypothèse basse, puisque 1 CV = 736 Watt.

Ces valeurs impressionnantes ne sont que pour une seule tonne, peu plausible !
On est bien au-delà de la puissance d’un hélicoptère, ou même d’un jet transocéanique.


Calcul de la puissance lumineuse en fin d’observation :

Les deux témoins sont unanimes : la luminosité apparente était celle du Soleil à midi, soit 240 watts par mètre carré dans le visible (1,4 kW dans le spectre complet, hors atmosphère).

Nous supposerons une sphère produisant une émission lumineuse isotrope.
— Selon le garçon
: distance de la sphère en fin d’observation : 150 à 230 m.
— Selon la fille : 150 à 210 m.
Adoptons la fourchette 150 / 230 mètres.

Une sphère de ce rayon possède une surface totale de 280000 à 660000 mètres carrés, dont chacun recevrait 240 watts de lumière. La puissance lumineuse totale, dans le visible, serait donc de 68 à 160 Mégawatts.

Dans les deux cas, il s’agit d’une puissance lumineuse considérable, ne correspondant à aucun phénomène connu.

Si l’on faisait l’hypothèse d’une émission non isotrope de lumière , celle-ci étant dirigée seulement vers les témoins, on obtiendrait évidemment un résultat considérablement plus faible, mais faute de connaître l’angle solide d’émission de lumière, ce calcul n’est pas faisable.

 En outre, on ne saurait pas justifier une émission de lumière directive, sur un si grand diamètre, par un procédé physique connu.


Masse et densité “thermodynamiquement plausibles” de la sphère :

Le raisonnement qui va suivre s’appuie sur les lois de la thermodynamique.

La puissance mécanique calculée justifie la vitesse de la sphère.
Cependant, les témoins ne perçoivent qu’un son de puissance infime par rapport à l’ordre de grandeur de la puissance mécanique mise en jeu dans le mouvement de la sphère.
Par conséquent, nous ne pouvons pas faire l’hypothèse que cette puissance mécanique se dissipait dans l’atmosphère terrestre par des mouvements tourbillonnaires, comme c’est le cas pour un avion ou bien un hélicoptère.

En particulier, compte tenu de la fourchette des puissances estimées, l’échauffement de la peau de la sphère serait tel que les occupants “cuiraient” véritablement à l’intérieur.

La thermodynamique impose néanmoins que la puissance soit dissipée.

Donc elle doit être dissipée d’une autre manière que par la turbulence atmosphérique.
Une des possibilités est qu’elle soit dissipée par rayonnement lumineux, puisque c’est précisément ce qu’ont observé les témoins.

Si nous adoptons les valeurs les plus modestes de la puissance mécanique, celles déduite de l’observation de la fille, soit 4,4 à 9,8 Kw par kg de matière. La puissance lumineuse rayonnée dans le visible étant de 68 à 160 mégawatts, la masse plausible de la sphère, déduite du rapport respectif de ces grandeurs serait de l’ordre de 15 tonnes.

Pour une sphère de 5 mètres de diamètre, cela correspondrait à une densité moyenne de 230 kg par mètre cube, une densité comparable à celle de nos engins spatiaux habités. Curieux !

Nous avons toutefois ignoré d’autres modes possibles, combinés, de dissipation de l’énergie, en partie turbulente (le son perçu), et en partie radiative (la lumière éblouissante), éventuellement dans un large spectre, voire en partie chimique (l’odeur forte), par combinaison des constituants atmosphérique (Ozone, NO ?).

Mais tout cela n’est qu’hypothèses, sans mécanisme physique associé clairement identifié.


CES FAITS CONDUISENT A UNE CONCLUSION :

Les faits observés par les deux témoins sont importants par leurs conséquences.

En effet, même si ces témoins se sont sans doute un peu trompés sur les durées et les vitesses angulaires, ce qui est parfaitement normal, leur observation ne peut pas se réduire à celle d’un phénomène banal et connu.

La marge d’erreur nécessaire serait totalement incompatible avec les déclarations des autres témoins.

Il est aisé de se moquer des témoins.

Il est tout aussi aisé “d’oublier” de prendre en compte la moitié dérangeante des faits rapportés.

Il convient de prendre garde à de possibles “œillères”, quant à la recherche de la vérité.

Tout fait nouveau, a priori surprenant, n’est pas nécessairement à stigmatiser, mais plutôt à considérer avec beaucoup d’attention.

La science ne progresse vraiment que lorsqu’elle cherche à comprendre des anomalies observées par rapport aux théories connues.
On ne peut donc pas, à la fois prétendre étudier rationnellement des faits et les tronquer pour empêcher des scientifiques de réfléchir à ces anomalies.
On est scientifique et rationnel jusqu’au bout, sinon on est un “manipulateur de faits”.


UN EXEMPLE TYPE DE “DEBUNKING” DÉPLORABLE :

Il y a un peu plus d’un siècle, l’ensemble de la communauté scientifique Française, Académie des Sciences en tête, se moquait ouvertement, dans la presse, des paysans qui prétendaient avoir vu “tomber des cailloux du ciel”.

Il fallut un hasard extraordinaire pour crever l’abcès : une pluie de météorites exceptionnelle à Falaise, en Normandie, où l’Académie dépêcha un représentant. Celui-ci dut se rendre à l’évidence des faits, et il revint les bagages chargés de météorites noircies par leur traversée de l’atmosphère.

Le 13 Juin 2004, la télévision montrait une famille de Nouvelle Zélande qui avait échappé de peu à la mort par bombardement météoritique. En effet, une chondrite de plus d’un kilo avait traversé la toiture et le plafond de leur maison, rebondi sur le canapé et terminé sa course à leurs pieds.

Au cours de ma carrière au CNES, j’ai eu moi-même connaissance de trois autres cas du même type, ailleurs dans le monde.

Dans le premier cas, la météorite, encore plus grosse, avait détruit une classe d’école maternelle un jour de congé scolaire.
Dans le second cas, le coffre d’une voiture avait été traversé de part en part, par une météorite modeste, pendant qu’une mère de famille se rendait au supermarché.
Dans le troisième cas, un jardinier Français a vu tomber une météorite de 600 grammes à deux mètres devant lui, détruisant son travail de la matinée.

J’ai même reçu la description de la chute d’un bloc de glace d’une dizaine de kilos, sur un terrain de football, pendant que les joueurs s’entraînaient. Personne ne fut blessé, mais il y avait la photographie d’un cratère impressionnant.

Ces phénomènes ne sont plus controversés, et ils aident les chercheurs à comprendre la formation du système solaire. On a même admis que des pierres lunaires ou martiennes pouvaient ainsi tomber sur Terre.

Ces faits historiques doivent inciter à la réflexion ceux qui, à l’instar des critiques internet, croient bien faire en se moquant d’observateurs qui ont le mérite de porter à notre connaissance des faits que nous n’expliquons pas encore.

Il y aura une science de demain, elle expliquera plus de faits inconnus que nous ne sachions l’imaginer.

Par conséquent, s’il vous plaît, un brin de modestie et de respect d’autrui s’impose !



A PROPOS DE L’ACCÉLÉRATION :

Dans le cas de l’observation de Cussac, si l’accélération de la sphère était assurée par un moyen classique de propulsion, aucun équipage humain ne pourrait supporter l’accélération calculée, pendant les 8 à 18 secondes de la phase d’envol.

Cependant, en physique, on sait que pour accélérer un corps, il faut lui appliquer une force.

Pendant l’embarquement des quatre “enfants noirs”, ceux-ci se déplacent librement vers le haut, pour entrer ensuite dans la sphère qui décolle.

Cela laisse supposer qu’il existe une force appliquée, vers le haut, aux occupants et aussi à la sphère, force légèrement supérieure à la pesanteur.

Supposons que, parmi les quatre forces connues en physique, ce soit précisément une force de type “gravité” qui soit appliquée vers le haut, à la sphère et aux occupants, au moment du décollage.

L’observation des faits serait cohérente avec cette hypothèse, à condition que la résultante de cette force et de celle de la pesanteur terrestre soit faible et dirigée vers le haut. Cette hypothèse est également cohérente avec le fait que les occupants seraient soumis à cette force au même titre que la sphère. En effet, la force de gravité s’applique à tous les corps, sans distinction de composition, de densité, de charge, etc...

Mais que se passerait-il, dans le cadre de cette hypothèse, pendant la phase de montée en spirale rapide?

Pour que la sphère se maintienne sur une trajectoire circulaire, il faudrait lui appliquer une “force de gravité” considérablement supérieure à celle qui est nécessaire au décollage. En fait, il faudrait lui appliquer la même force que pour obtenir une accélération linéaire de même amplitude que l’accélération centrifuge considérable que nous avons calculée.

Mais, s’il s’agissait précisément d’une force de type “gravitation”, alors elle s’appliquerait aux atomes de la sphère, au même titre qu’à ceux des occupants. Et, dans ce cas, dans ce cas exclusivement, les occupants ne seraient pas “réduits en bouillie” par une accélération dont l’amplitude est celle d’un crash d’avion. Et la sphère disparaîtrait de la vue des témoins en un clin d’oeil.

Étonnante, cette hypothèse, qui rend les témoignages scientifiquement cohérents.

Évidemment, nous, nous ne savons pas faire cela, et nous croyons fermement savoir que la gravitation n’existe que si de grandes masses de matière courbent localement l’espace-temps. Mais, sommes-nous certains de savoir ce qu’est la gravitation au niveau des particules élémentaires de la matière ?
La réponse est malheureusement non.


POURSUIVONS CETTE HYPOTHÈSE :

Et si une telle accélération se poursuivait, en ligne droite, pendant autant de temps que les occupants le désireraient ?
Autre hypothèse, diriez-vous. Non, c’est strictement la même que précédemment.

Eh bien, pour fixer les idées, choisissons une accélération linéaire de 100g, basée sur le témoignage de la fille, dont la vue est la meilleure. Ce n’est qu’une hypothèse.

Appliquons donc 100 g à cette sphère en permanence et voyons un peu jusqu’où elle pourrait aller.

Rapidement, la vitesse de la sphère deviendrait relativiste.
Effectivement, en 244650 secondes cette sphère atteindrait 80% de la vitesse de la lumière. Cela correspond à 68 heures de vol, moins de 3 jours, rien de bien extraordinaire.
Sauf pour le physicien, qui doit alors intégrer les équations différentielles relativistes du mouvement de la sphère !

En effet, à partir de 0,8 c, la compression temporelle n’est plus négligeable et le calcul se complique un peu. Mais il y a longtemps que l’on sait comment procéder.

Tous calculs faits, la sphère, qui devrait néanmoins commencer à freiner à 100g à mi parcours, pourrait atteindre, en comptant bien sûr le temps nécessaire au freinage à partir de la moitié du pacours :

— Une distance de 10 Années Lumière (AL) en 49 jours.
— Une distance de 100 AL en 60 jours.

Ce ne sont pas des durées susceptibles d’impressionner un terrien navigateur à la voile.

Mais les distances parcourues sont ici celles d’un voyage interstellaire lointain.

Bien évidemment, les durées calculées précédemment seraient celles constatées sur l’horloge de bord de la sphère, car, vue d’un observatoire terrien, la durée du voyage serait respectivement d’un peu plus de 10 et 100 ans.
C’est le “miracle” de la relativité, prouvé par de multiples expériences.

Cela dit, la vie des occupants de la sphère ne serait pas rose. Pas seulement à cause des deux mois d’enfermement dans un espace réduit, mais aussi et surtout à cause de la compression temporelle qui leur ferait perdre leurs repères, leurs proches et amis restés à domicile, et même leur civilisation. Pas question de “téléphoner maison” en cas de difficulté. Pas question non plus de prendre des risques inconsidérés. Un “isolement relativiste” total.


Ces simples constatations, sur la base d’une seule hypothèse, confortent l’hypothèse extraterrestre, bien sûr, mais elles ne la prouvent pas.

Elles ne prouvent pas non plus le contraire.

Rien, dans le témoignage de Cussac, ne permet de dire que la sphère était un véhicule de transport spatial interstellaire, par contre, l'observation de l'accélération de départ démontre que la sphère pouvait peut-être en avoir les performances.

Rien ne nous prouve que cette sphère était destinée à un voyage très lointain, même si ses performances y font songer. Tant d'inconnues subsistent qu'il faut être très prudent dans les conclusions que l'on tire de faits à ce point hors normes.



UNE HYPOTHÈSE  NEANMOINS  TRES ETONNANTE :

Étonnante, la cohérence de cette hypothèse, d’un déplacement à très forte accélération, basé sur une force analogue à la gravitation. Cette hypothèse autoriserait en effet, semble-t-il, le voyage interstellaire et justifierait même l’attitude systématique de fuite en raison des risques encourus, et surtout de “l’isolement relativiste”.

Cette hypothèse est d’autant plus étonnante qu’elle est cohérente avec les dires des témoins en ce qui concerne la durée de départ du phénomène observé, dont un scientifique peut déduire l’accélération approximative.

Il existe cependant de nombreux témoignages où une accélération du même ordre de grandeur que celle du cas de Cussac peut être calculée à la suite d’une enquête scientifique.
Ce sont des observations rapprochées, suivies d’un départ du phénomène à une vitesse que les témoins qualifient généralement de “fulgurante”. Elles sont les plus étranges, mais ce n’est pas une raison pour les ignorer systématiquement.



UNE DIFFICULTÉ DE TAILLE, NÉANMOINS : L’ÉNERGIE DE PROPULSION :

Dans le cadre de l’hypothèse cohérente précédente, le calcul de l’énergie à embarquer, sous une forme ou sous une autre, pour la transformer en énergie cinétique de déplacement, met en évidence une sérieuse difficulté. C’est l’intégration du mouvement relativiste qui nous permet de calculer cette énergie :

Énergie cinétique par kg de matière E / M = c2 ( T/T’ — 1)
avec T/T’ = compression temporelle relativiste, M = masse à accélérer et c = vitesse de la lumière .
Or pour 10 années lumière nous avons vu que T/T’ = 10 ans / 49 jours, soit 74,5
Et pour 100 AL, T/T’ = 608.
Donc il faudrait emporter, pour franchir 10 AL, une énergie cinétique de 73,5 fois Mc2.
Or Mc2 est l’énergie équivalente de la masse M à accélérer.
Et pour 100 AL, ce serait 607 fois Mc2.
C’est évidemment impossible. Une masse M ne peut pas contenir plus d’énergie que Mc2.


Donc, la sphère de Cussac ne pouvait absolument pas avoir embarqué une énergie permettant son voyage interstellaire, c’est parfaitement clair.

Aurions-nous démontré l’impossibilité du voyage interstellaire, grâce à Cussac ?
Pas si sûr, car la Nature a plus d’une énigme dans son sac !


UNE SOLUTION ASTROPHYSIQUE POSITIVE SEMBLE APPARAÎTRE :

La vitesse du système solaire, dans sa ronde autour de la Galaxie est environ 3 fois plus grande que celle prévue par les Lois de Kepler et Newton. On le sait depuis 60 ans.
Cela nous communique une énergie cinétique environ dix fois trop grande, qui n’est pas expliquée par l’énergie potentielle gravitationnelle “Newtonienne” de la matière de la Galaxie.
Qu’à cela ne tienne ! On invente l'hypothèse de la "matière sombre", “dark matter” pour les anglosaxons, afin de combler le précipice énergétique.

Mais cette hypothèse n'a jamais pu être prouvée par des faits d'observation jusqu'à présent.

Non seulement la matière sombre n’a jamais été mise en évidence, mais, de surcroît, elle a l’outrecuidance de révéler un comportement pire encore à des échelles plus grandes, celle des amas de galaxies.

D'autres hypothèses tentent de résoudre cette énigme.

Personnellement, j'ai émis une de ces hypothèses alternatives. Je constate en effet que cette étrange anomalie gravitationnelle de la matière à grande échelle s’évanouit soudain s’il existe des porteurs élémentaires de moment cinétique à la base de la gravitation.
Non seulement l’énigme des vitesses orbitales des étoiles dans toutes les galaxies est alors résolue, mais aussi le comportement étrange des amas de galaxies.

En outre, un effet microscopique nouveau est prédit par mon hypothèse, qui est effectivement observé depuis vingt quatre ans, par plusieurs sondes spatiales, mais jusqu’alors inexpliqué : l’accélération Hc.

Enfin, comme l’a démontré le physicien relativiste Patrick Marquet, cette hypothèse n’est pas contradictoire avec la Relativité Générale, bien au contraire, elle conforte un modèle particulier de géométrie de Robertson-Walker de l’espace-temps cosmologique.

Encore plus étonnant, mon hypothèse, concernant la nature quantifiée de la gravitation conduit à l’existence, partout dans l’Univers, d’un flux énergétique absolument gigantesque, par rapport auquel l’énergie nécessaire à la propulsion permanente d’un engin spatial à 100 g d’accélération serait parfaitement négligeable.

Alors, bien évidemment, il ne serait pas nécessaire d’emporter, à bord du véhicule spatial, l’énergie cinétique, il “suffirait” de savoir l’extraire du flux naturel de “porteurs d’énergie gravitationnelle”.
Je les appelle les “Universons”.

Étrange hypothèse, n’est-ce pas ? Mais c’est toujours la même !
Une seule hypothèse, certes complexe, mais tout devient beaucoup plus clair.

Mais il est aussi parfaitement clair que ce n’est encore qu’une hypothèse.

Mais c’est une hypothèse corroborée par de multiples faits, réellement observés. La science avance de cette manière là depuis des siècles. C’est une hypothèse encore peu connue, qui n’est pas admise par tous, que je m’emploie à vérifier avec quelques confrères.

D’autres scientifiques, connaissant bien le dossier, étudient d’autres hypothèses, basées ou non sur l’interaction gravitationnelle, mais pour le moment, aucun fait expérimental n’est venu confirmer ces hypothèses différentes.

L’important est néanmoins d’explorer toutes les pistes de ce labyrinthe d’inconnues.

Nous n'avons aucune preuve irréfutable que certaines observations étranges, comme celle de Cussac, correspondent à des véhicules extraterrestres. Mais il est clair que les anomalies physiques déduites de certaines de ces observations méritent une analyse scientifique sans a priori.

Il importe donc de rassembler et d'analyser les faits, sans les déformer, en se servant de connaissances bien établies. Il importe aussi de se servir des faits pour dégager des pistes de recherche.


UN ENJEU COLOSSAL :

Quelle que soit la solution scientifique aux énigmes énergétiques posées par les observations du type Cussac, il est clair que l’énergie mise en oeuvre est sans commune mesure avec ce que nous connaissons.

Ce qui m’interpelle, dans ma propre hypothèse, qui prédit plusieurs faits astrophysiques qui sont effectivement observés, c’est qu’elle semble ouvrir la possibilité, pour l’humanité, de disposer d’une forme nouvelle d’énergie, existant à profusion, et non polluante.
Sa transformation en énergie cinétique est en effet théoriquement directe, sans déchets matériels. La terre, le Soleil et toutes les étoiles semblent faire cette transformation en permanence, depuis des milliards d’années, sans que nous en soyons conscients.

Quand on sait l’importance de l’énergie pour notre futur. Quand on assiste aux conflits mondiaux présents et passés liés à l’appropriation des ressources énergétiques. Quand on voit croître la pauvreté des peuples et croître aussi la pollution apportée par la combustion des ressources fossiles, on saisit l’enjeu colossal que pourrait représenter une nouvelle forme d’énergie.

Cet enjeu est évidemment sans commune mesure avec l’intérêt du cas de Cussac, mais ce cas et d’autres aussi, nous ont amenés à réfléchir, à chercher la faille dans nos connaissances afin de progresser.

Il me semble que la préoccupation énergétique qui m’anime, et qui anime évidemment mes collègues, cherchant comme moi à comprendre, vaut bien celle qui consiste à ridiculiser les témoins et les enquêteurs, et faire l’hypothèse, non cohérente avec les faits observés, d’un hélicoptère plein de gendarmes en crise de vessie derrière une haie du Cantal.

Puissent les 30 secondes de Cussac inciter à réfléchir davantage ceux qui sont en mesure d’apporter leur compétence à la résolution d’un problème scientifique difficile et potentiellement important pour notre descendance.

C. POHER, le 6 juillet 2004;






L'OBSERVATION  D'ARC  SOUS  CICON

Je remercie Monsieur Robert Alessandri de m'avoir communiqué le texte de l'article paru dans le journal "Le Soir" du 19 Juillet 1967, de source ACP semble-t-il.

Ces informations complètent donc celles dont a fait état Monsieur Maillot sur le site du Cercle Zététique.

La recherche d'archives de presse sur des témoignages d'observations insolites est un travail important et ingrat, où la masse de documents collectés n'est que la partie émergée de l'iceberg d'efforts nécessaires à leur mise en évidence. Il convient de féliciter ceux qui font cet effort bénévolement au profit de chacun.

Voici le texte de l'article tel qu'il m'a été communiqué :

Extrait du Journal " Le  Soir",  du  19 juillet 1967

APRES LES "SOUCOUPES" DES ETRES MYSTERIEUX ...
Ils ont fait très peur à une jeune fille dans une forêt du Doubs

BESANÇON (ACP) -

Une jeune fille de 15 ans, Joelle Rabier, fille du menuisier d'Arc-sous-Cicon (Doubs) a été lundi soir l'héroïne d'une aventure incroyable qui a jeté la population de son pays dans un état de surexcitation.
Il était 17 heures, Joelle était partie se promener avec quelques enfants du village. Elle se trouvait à l'orée du bois, au lieu-dit «Les Blavières», lorsque tout-à-coup, l'un des enfants qui marchait légèrement en avant du petit groupe, revint effrayé et en larmes. Joelle s'approcha alors et ce qu'elle vit la cloua d'émotion : «Au bord de la forêt se trouvaient quatre petits êtres mystérieux avec une tête grosse comme une pomme de terre, une taille d'environ 1 m 10, deux bras et un abdomen prohéminent.
«Dès qu'ils m'ont vue, raconte la jeune fille, ces quatre petits êtres tout noirs, de la taille d'un enfant de trois ans, se sont enfuis au ras du sol à une vitesse incroyable en direction du bois où ils ont disparu. En s'enfuyant ils échangeaient un langage musical».
La nouvelle de cette apparition a causé dans le pays une stupeur d'autant plus grande que, scientifiquement cette fois-ci, a été observé dans la nuit de lundi à mardi, vers 1 h 15 et dans le ciel bisontin, une boule de feu d'origine inexplicable.

Deux astronomes de l'Observatoire étaient occupés à suivre dans le ciel le passage des satellites «Echo 1» et «Echo 2», lorsque leur attention fut attirée par un objet circulaire et incandescent qui apparut à l'ouest et après être resté immobile 30 secondes au-dessus de l'horizon, a filé vers le sud à une vitesse très élevée.

Dans tout le Haut-Doubs on est persuadé que les petits êtres observés par Joelle Rabier proviennent d'une autre planète que la Terre et que la boule de feu observée dans la nuit de lundi à mardi n'est autre que leur véhicule spatial.
Les battues organisées dans les bois de Blavières par les habitants du village n'ont rien donné.


Commentaires de Monsieur Alessandri :
Poher évacue tout de même un peu vite la similitude notée par Éric Maillot entre ce cas et celui d'Arc-sous-Cicon un mois auparavant. Il est clair que ce cas a été largement médiatisé dans la presse et la radio... Phénomènes Spatiaux (n°13) citait comme références France-Soir, l'Est Républicain, l'Aurore, Ouest-France, Le Parisien Libéré, La Feuille d'Avis de Neufchâtel et La Suisse, plus les radios Radio-Europe n°1 et Europe-Midi, et c'est sûrement loin d'être exhaustif. J'ai pour ma part trouvé un article de presse sur ce cas dans Le Soir du 19 juillet 67 (avec comme source l'ACP, c'est probablement le même article qui a été publié le lendemain dans d'autres journaux). Ce texte ne laisse guère de doute sur le large écho de cette affaire.

On note qu'il n'est pas question ici de «nains noirs vêtus de combinaisons moulantes et brillantes», comme ça a sans doute été dit dans un autre article cité par Éric Maillot. Et il s'avère d'après les enquêtes précises faites par Joël Mesnard (Phénomènes Spatiaux n°13)  et Jean Tyrode (in Mystérieuses Soucoupes Volantes de François Lagarde) que le ou les petits êtres étaient bien vêtus d'une combinaison moulante noire, comme ceux de Cussac.

En fait, on apprend par ces enquêtes que c'est une enfant de cinq ans qui a d'abord vu, alors qu'elle s'était éloignée du groupe, trois «petits Chinois tout noirs», qui l'ont effrayée, et tous les enfants sont retournés au village. C'est environ une heure plus tard que plusieurs d'entre eux sont revenus sur les lieux, et que Joelle Rabier et une camarade ont vu un personnage haut d'un mètre ou un mètre dix, avec une tête à peu près normale («et pas comme une pomme de terre, comme l'indiquait la presse», précisait Joëlle) mais «recouverte de quelque chose de noir (casque, masque ou scaphandre)» dont «la partie supérieure semblait briller un peu, ou réfléchir la lumière» (c'est sans doute ce qui a été déformé en «combinaison brillante» dans certains articles de presse), vêtu «d'une sorte de collant noir qui le moulait, sauf aux jambes où il paraissait moins adhérer; sur les fesses, quelque chose comme un pan d'habit très court semblait flotter» (c'est la description faite à Tyrode; dans Phénomènes Spatiaux, l'habit était décrit comme «une sorte de veste qui flottait derrière lui tandis qu'il courait»). Le petit être courait d'un pas léger et étonnamment rapide pour le terrain, et disparut rapidement derrière une haie vers la forêt. Le lendemain, les habitants du village ont remarqué dans la zone où le petit être avait été vu «une sorte de grand rond de 3 ou 4 mètres de diamètre où l'herbe était brûlée», d'où se dégageait une «odeur particulière». Cette description provient encore de l'enquête de Tyrode; Mesnard indiquait de son côté que six jours plus tard, il y avait autour du buisson d'épines derrière lequel le petit être avait disparu «une douzaine de taches très nettes où l'herbe, partout ailleurs bien verte, était jaune paille et sèche», d'où émanait encore une certaine odeur. Notons que l'enquête de Joël Mesnard mentionnait aussi que peu après la vision initiale des trois «petits chinois», le frère de Joëlle Ravier avait vu sortir d'un buisson «ce qu'il nomme une "fumée" et qu'il décrit plutôt comme un rayon lumineux jaunâtre et vertical».

Bref, il y a dans cette observation très médiatisée survenue un mois seulement avant le cas de Cussac un ou quatre petits êtres (disons trois puis un, devenus quatre d'un coup dans la presse) vêtus entièrement de noir, laissant comme trace un cercle d'herbes roussies de plusieurs mètres de diamètre et dégageant une odeur bizarre, précisément des détails que l'on retrouve dans Cussac... On peut l'interpréter comme on veut, mais c'est suffisamment troublant pour être pris en considération.


Commentaires de Claude Poher :
Arc sous Cicon est situé à environ 340 km à vol d'oiseau de Cussac. Il existe une similitude manifeste entre les descriptions des êtres de couleur noire, par des témoins qui ne se sont évidemment pas concertés.

Je continue à considérer personnellement qu'il est extrêmement improbable que les témoins de Cussac aient lu les journaux cités, pour plusieurs raisons que je ne développerai pas par devoir de réserve. Je rappelle que nous avons personnellement rencontré tous les témoins de Cussac et qu'un magistrat nous accompagnait.
Utiliser des termes tels que "large écho" ou bien "très médiatisée" est pour moi révélateur de présupposés, car ce ne sont que des appréciations personnelles, et non des faits. A partir de quel volume, de quel nombre de mots, de quel emplacement dans un journal, un article de presse, manifestement non lu, peut-il avoir de l'influence sur deux bergers, un garde champêtre, un Maire, un Gendarme, une odeur et des ruminants ?
On n'est pas là dans un domaine scientifique solide, mais dans des hypothèses psychosociologiques non démontrées.

Précisément, ce qui est par contre démontré, c'est que le cerveau de l'homme est ainsi fait que le tapage médiatique local s'efface des mémoires aussi vite qu'il nait, et dans ce domaine, un délai d'un mois et demi est considérable. Essayez donc de vous souvenir d'un fait divers insolite médiatisé il y a un mois et demi. Il y en a toutes les semaines.

Il faudrait peut-être aussi se poser la question suivante : les témoins d'Arc Sous Cicon n'avaient, quant à eux, pas d'observation analogue publiée antérieurement par la presse de "Trifouilly les Oies" pour polluer leur intellect. La source de leur témoignage était-elle alors pure imagination, odeur étrange confirmée incluse ?

Je n'ai strictement aucun goût pour la polémique, et ne me sens pas porteur de la mission de convaincre. Ce qui m'intéresse, ce sont les faits dont on peut tirer des informations susceptibles de faire progresser la connaissance. Outre les interprétations personnelles, je constate qu'il existe là des faits incontournables :

1 — Des enfants qui ne se sont manifestement pas concertés disent avoir vu des êtres petits, noirs, au comportement "anormal".

2 — Les deux cas font état d'une forte odeur non identifiée.

3 — Les deux cas font état de séquelles sur la végétation, de l'herbe en l'occurrence.

4 — Si j'étais biologiste, une énigme m'inciterait à réfléchir : depuis plus d'un demi siècle, des observations rapprochées sont rapportées par la population, qui font état "d'occupants". Or, il n'y a guère de diversité dans les descriptions de ces êtres. On ne trouve pas de descripions de formes extravagantes, comme celles que la Nature reproduit selon des dizaines de milliers de variétés plus étonnantes les unes que les autres. Dans les témoignages, il n'est question que d'êtres à station debout, généralement petits, dotés d'une tête, de deux bras et de deux jambes, et de détails divers, peu extravagants.
Sur le plan biologique, j'estime que c'est très étrange, et susceptible de faire réfléchir les spécialistes de la génétique et de l'évolution. Mais ce n'est pas dans mes compétences.

5 — Quatre comportements sont possibles face à de tels témoignages :
             A — Les ignorer totalement, volontairement ou par rejet plus ou moins inconscient.
             B — Nier la réalité des faits rapportés par les témoins.
             C — Tout croire sans discernement, et extrapoler hardiment sur des hypothèses non démontrées.
             D — Tenter d'approfondir un échantillon de ces témoignages, et tenter de les aborder par le savoir scientifique.

Affirmer que tel ou tel comportement est "Bon" ou "Mauvais" n'a strictement rien à voir avec les faits rapportés par les témoins, ce n'est que le résultat d'une opinion personnelle guidée par l'éducation, l'expérience, les croyances, les intérêts personnels et l'égo.

Face à ces témoignages, il m'a semblé plus constructif d'adopter le comportement "D", mais j'estime fermement que les autres comportements sont parfaitement acceptables, à condition que chacun respecte les autres et ne cherche pas à nuire pour satisfaire ses propres désirs ou intérêts. La liberté de pensée et d'opinion fait partie des "Droits de l'Homme".

C'est pourquoi je réponds aux échanges constructifs mais jamais à la polémique.

C. POHER
28 Juillet 2004.



Complément du 20 Septembre 2004 :

Le fait suivant est cité dans l'article de presse précédent : "Deux astronomes de l'Observatoire (NDA : de Besançon probablement) étaient occupés à suivre dans le ciel le passage des satellites «Echo 1» et «Echo 2», lorsque leur attention fut attirée par un objet circulaire et incandescent qui apparut à l'ouest et après être resté immobile 30 secondes au-dessus de l'horizon, a filé vers le sud à une vitesse très élevée."

Selon les informations recueillies par Monsieur Alessandri, et qu'il m'a communiquées le 31 Août 2004, il s'agirait "de la rentrée spectaculaire d'un étage de fusée ayant lancé le satellite Cosmos 169, vu pratiquement dans toute la France et qui a été largement répercuté dans toute la presse. Le directeur du service satellites de l'observatoire de Meudon a reçu pas moins de 700 témoignages concernant cette rentrée."

Par conséquent, cette rentrée atmosphérique banale, "observée sur une grande partie de la France", a évidemment été considérablement plus médiatisée que l'observation des petits êtres noirs d'Arc Sous Cicon. Et, bien évidemment, les mêmes journaux se sont empressés de communiquer l'explication (Cosmos 169) à la population, quelques jours plus tard.

Ainsi, l'explication "largement médiatisée" d'une observation insolite, par une rentrée spatiale banale, aurait dû "normalement" inciter les témoins de Cussac à se taire, s'ils avaient lu cette presse là. Voilà donc "l'arroseur arrosé", et une hypothèse de "pollution médiatique" qui ne tient plus debout.

Ces faits nous montrent qu'il ne faut jamais instruire une observation uniquement "à charge" ou bien "à décharge", et qu'il faut se garder de faire de la psychologie de "café du commerce" ou de "concierge".

On parle de psychologie à tort et à travers de nos jours, le moindre fait divers est l'objet d'une "cellule de soutien psychologique" qui profite surtout aux psychologues qui sont plus nombreux que les besoins de la population ne le nécessitent. Tant de jeunes se sont précipités vers cette formation aisée qu'ils n'ont même plus assez de travail pour en vivre !